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Coalition anti-Daesh : Washington appelle les pays européens à rapatrier les radicalisés Abonnés

ARTICLE. Lors d’un rassemblement ministériel des 83 membres de l’alliance contre Daesh à Rome cette semaine, le secrétaire d'État américain a réitéré ses appels au retour dans leurs pays d’origine des plus de 10 000 combattants détenus en Syrie par les forces kurdes.

Coalition anti-Daesh : Washington appelle les pays européens à rapatrier les radicalisés
Publié le 30 juin 2021

Ce lundi 28 juin, une réunion de la coalition contre Daesh a eu lieu à Rome en personne pour la première fois depuis plus de deux ans. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a exhorté les 83 membres de l'alliance et les États européens en particulier à rapatrier leurs citoyens radicalisés qui ont été arrêtés après la tombée de l’autoproclamé califat de l’État islamique en 2019. Quelque 10 000 combattants de l’organisation terroriste sont détenus par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie. Sans parler des 63 000 femmes et enfants de combattants présumés de Daesh gardés dans des camps, selon un rapport de l’organisation Human Rights Watch publié en mars.

Rapatriement, réhabilitation, et poursuite en justice ?

« Cette situation est tout simplement intenable. Cela ne peut tout simplement pas persister indéfiniment », a affirmé le secrétaire d'État lors de la réunion avec la coalition mondiale qu’il a co-organisée. « Les États-Unis continuent d’exhorter les pays – y compris les partenaires de la coalition – à rapatrier, réhabiliter et, le cas échéant, poursuivre en justice leurs citoyens», a-t-il ajouté. Un appel qui avait été lancé par l’ancien président américain Donald Trump en 2019 mais n’a pas eu d’effet prononcé sur les gouvernements étrangers qui craignent que les suspects de radicalisation de l’EI renvoyés dans leurs pays natals puissent échapper à la justice européenne en raison de manques de preuves de leurs actes terroristes sur le champ de bataille.

Blinken a tout de même félicité le Kazakhstan, la Finlande, et plusieurs pays d’Asie centrale et des Balkans qui ont rapatrié de Syrie et d'Irak puis poursuivi ou réhabilité avec succès leurs citoyens radicalisés. L’Italie s’est aussi démarquée comme étant l’un des rares pays européens à avoir respecté l’appel au retour des ressortissants. Les pays qui ont été les plus touchés par des attentats terroristes meurtriers, comme la France et le Royaume-Uni, sont nettement plus réticents à l'idée de ramener ces « citoyens » dans leurs pays, et ont même révoqué la citoyenneté de certains djihadistes dans le passé pour éviter la problématique que pose le rapatriement.

Une résurgence Daesh à l’horizon ?

Mais le secrétaire d’État américain n’est pas le seul à appeler au rapatriement des combattants de Daesh et surtout de leurs enfants, qui sont jugés particulièrement vulnérables à la radicalisation. Lors d’une conférence virtuelle avec un think tank de Washington en février, le général américain Kenneth McKenzie a déclaré que le refus de les réintégrer fera aux pays de la coalition « le cadeau de combattants dans cinq à dix ans ». Luigi Di Maio, le ministre italien des Affaires étrangères et co-organisateur de la réunion ministérielle a appelé à se concentrer davantage sur la menace croissante posée par ISIS en Afrique.

Malgré la perte en quasi-totalité de son territoire, l’organisation islamiste pourrait tenter une résurgence. Le secrétaire américain prévient les États de l’alliance contre la négligence des efforts antiterroristes. Assurer la défaite durable d’ISIS veut aussi dire affronter les menaces dans les endroits les plus vulnérables ou ISIS a récemment concentré ses efforts et assumer la responsabilité pour les ressortissants d’Europe en les rapatriant et les soumettant à la justice.

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