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La liberté est fragile Abonnés

OPINION. À l’aune des restrictions prises à l’occasion de la crise sanitaire, notre abonné s’inquiète de voir les Français s’habituer à ces pertes de liberté. Il craint certaines dérives après lesquelles il sera, selon lui, difficile de revenir en arrière.

La liberté est fragile
Publié le 19 juillet 2021

La liberté est un concept fragile. Nous le pensions acquis, car nous sommes nés dans une société, héritière des grands combats de nos ainés, qui l’avait quasi sacralisée dans notre société. Elle est en fait une flamme fragile, qui mérite une attention constante pour ne pas la voir vaciller et s’éteindre.

L’autorité politique a évidemment ce pouvoir funeste de restreindre ou d’étouffer les libertés. Le politique peut, au nom de l’intérêt du collectif devant primer sur l’intérêt individuel, toujours justifier une restriction sous des motivations diverses ; ces limites, pour nécessaires qu’elles soient, nécessitent avant d’être actées par des lois permanentes ou des lois d’exceptions (les plus dangereuses) nécessitant une grande pondération préalable.

Les hommes d’État, mais ils sont rares, possèdent cette pondération. Un politicien gouvernant seul, éclairé par des cabinets privés liés à des intérêts économiques, vivant entouré d’une cour, écrasé par son égo, et ayant muselé le débat démocratique en créant un parti godillot fantoche à sa botte, et trouvant contre lui une opposition quasi atone, est par essence le pire des individus pour prendre des mesures restrictives des libertés individuelles et collectives. Et, nous en sommes là, pas ailleurs !

Dans cette déraison de la peur instrumentalisée, dans cette ostracisation d’une catégorie de français, dans une culpabilisation suivant deux années d’infantilisation, dans ce dogme de la pensée unique relayée par les médias, qui caricaturent de manière manichéenne le débat entre ceux qui savent, et les complotistes arriérés, dont le fait de réduire leur liberté fondamentale n’est que menue monnaie aux yeux des gouvernants. Le danger réside dans la durée de ces limitations de liberté prises à titre exceptionnel, mais qui perdurent, et surtout dans le fait que s’inscrivant dans la durée, les populations viennent non seulement à s’y habituer, mais également à les soutenir.

La période, le pouvoir, les médias, les scientifiques et la médiocre classe politique (à de rares exceptions près), après avoir pourtant soutenu le tout comme son contraire, prétendent donc détenir une vérité absolue qui n’entend point être discutée, et donc tout doute est devenu suspect, et pourrait même devenir, au train où vont les choses, interdit. Or pour croire avec certitude, il faut commencer par douter. Ces moments, de circonstances rares réunies, sont des moments extrêmement dangereux pour les démocraties, quand ils coïncident avec un affaiblissement des contrepouvoirs politiques classiques, qu’ils trouvent un esprit suffisamment ambitieux et cynique pour les instrumentaliser, Et que des intérêts économiques puissants trouvent matière à soutenir la dérive.

Mon point de vue est de considérer que cette conjonction de facteurs sombres est réunie, et qu’au-delà de la crise sanitaire en elle-même, dont je ne débats pas ici, le germe politique que cette pandémie fait naître pourrait être bien plus dangereux que le virus lui-même. Doute, vigilance, esprit critique, pour difficiles qu’ils soient à mettre en application dans une époque qui semble ne plus vouloir les tolérer, ces mots sont les indispensables anticorps à déployer. Prudence oblige.

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