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Mépris d’une municipalité étiquetée à gauche pour ses employés les plus mal payés Abonnés

OPINION. Le mépris de la mairie de Montpellier envers ses agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles de Montpellier, qui manifestent contre la réforme des 1.607 heures de travail annuel, montre que même au niveau local, une certaine gauche a oublié le lien avec le peuple.

Mépris d’une municipalité étiquetée à gauche pour ses employés les plus mal payés

L'application à la rentrée de septembre de la réforme des 1.607 heures de travail annuel ne passe pas chez les Atsem à Montpellier (Hérault). Un dialogue de sourds s'installe entre syndicats et municipalité avec une nouvelle démonstration ce lundi matin.

Le mardi 22 juin à Montpellier, cinq cents agents de la mairie incluant notamment des personnels des écoles maternelles, qui sont Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), les dames qui font le métier le plus mal payé et certainement le plus dur dans les écoles, se sont réunis en signe de protestation devant la mairie.

En effet, la loi Dussopt du 6 août 2019 prévoit le passage à un service statutaire de 1607 heures annuelles travaillées par an dans les collectivités territoriales à partir de 2022. Un peu partout, cette loi est saisie par les exécutifs locaux pour remettre en cause les accords datant d’avant 2001. Ainsi, c’est parfois la fin des aménagements pour des postes pénibles, de nuit ou le week-end, parfois une dégradation des conditions de travail avec des économies d’emplois. Sur Montpellier, les ATSEM vont devoir remplacer les vacataires animateurs des activités périscolaires. Ceci fait également suite au vote par le conseil municipal en février dernier, de la remise en cause insidieuse du droit de grève pour les agents territoriaux, en obligeant au passage les animateurs à se déclarer grévistes la journée entière, au lieu d’un décompte en demi-journée auparavant. D’un côté : on congratule les agents pour leur dévouement durant l’épidémie, de l’autre, on augmente leur temps de travail, on remet en cause leur droit de grève, on passe en force.

C’est dans ce contexte que les agents territoriaux sont descendus dans la rue face à la mairie. Ceux-ci ont trouvé, fait inhabituel, les portes de la mairie fermées et des grilles posées. Quand ils ont appris le refus de la mairie de recevoir les personnels, les agents ont poussé les grilles, puis ont scandé « Delafosse démission ! ». Les images ont été largement diffusées. C’est pour ces faits d’une grande banalité que le Maire a décidé de porter plainte contre ses propres agents en exigeant des conseils de discipline. Notons que les mêmes responsables politiques curieusement étiquetés à gauche, si prompts à dénoncer des agents qui poussent une grille, n’ont jamais prononcé un mot au sujet de la répression qui frappe les manifestations, les mouvements populaires et la jeunesse depuis maintenant deux ans. Le terrain de la « gauche » serait-il occupé à Montpellier et ailleurs par des politiques assez peu scrupuleux quant aux brimades exercées sur les petites gens ?

L’oppression des plus faibles par les élus de la mairie « de gauche » pose le problème de la réelle représentation du peuple par les élus y compris à l’échelon local et interroge quant à la signification réelle des camps politiques droite-gauche. Depuis 1983, date à laquelle le parti socialiste français a adopté une orientation néolibérale, le concept de droite et de gauche en matière de politique a perdu évidemment de sa substance. Il est possible maintenant de distinguer une gauche néolibérale maastrichtienne d’une gauche girondine attachée au pouvoir du peuple par le peuple. On savait les élus dans les instances nationales déconnectés de leur base, on constate aujourd’hui à Montpellier des élus de proximité qui ne représentent plus également leur propre base électorale, mais d’autres intérêts inavouables. L’union politique formée autour de Michaël Delafosse au moment du second tour des élections municipales semble à présent commencer à voler en éclats suite à ces brimades exercées sur les plus faibles.

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