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Roland Dumas : « Notre grande erreur a été de faire l’Europe » Abonnés

ARTICLE. Lors d’un grand entretien dont seul un extrait est à ce jour disponible, Roland Dumas revient sur l’obsession européenne des années Mitterrand, époque à laquelle il était ministre des Affaires étrangères. L’occasion pour lui de fustiger rétrospectivement la création d’une Union européenne qu’il considère aujourd’hui comme une immense erreur.

Roland Dumas : « Notre grande erreur a été de faire l’Europe »

« Notre grande erreur a été de faire l’Europe. » Roland Dumas ne mâche pas ses mots, et le sourire qu’il ajoute à son propos laisse entendre qu’il a conscience de braver un tabou. Il répond au journaliste Darius Rochebin lors d’un grand entretien pour la chaîne Radio Télévision suisse (RTS).

Il ajoute « de faire l’Europe en se soumettant aux Allemands et en même temps aux États-Unis ». Bientôt centenaire, Roland Dumas raconte des souvenirs d’un terrain qu’il a connu de près, en tant qu’émissaire de François Mitterrand dans les relations internationales françaises, au cœur dans les années 1980.

Lors de l’entretien, il rapporte une anecdote concernant une réunion commune avec les Allemands, à Bonn, à l’époque. Une conversation difficile avec Mme Thatcher qui devait se solder par un communiqué commun. Présidant la séance du jour, François Mitterrand enjoint alors Roland Dumas et Hans-Dietrich Genscher de rédiger le communiqué commun de la réunion. Et Roland Dumas de raconter :

« Bon, on se réunit dans une pièce à côté, et pourtant Genscher savait tout ce que je pensais des Allemands. L’atmosphère était telle qu’il fallait trouver une formule. Moi je freinais un petit peu sur l’OTAN et le rapprochement avec les Américains et Genscher me dit : il faut mettre un mot à la fin, je te le demande. J’ai cédé au charme de Genscher et on l’a mis dans le courant pour l’atténuer, mais c’est vous dire vous à quel point ils étaient obsédés par ça, une soumission totale aux Américains. »

L’exemple historique du traité de l’Élysée

Roland Dumas n’est pas le seul à montrer du doigt la tentation pro-américaine allemande au cours de la construction européenne. L’Allemagne aura réussi, durant près d’un demi-siècle, à s’octroyer l’hégémonie sur le plan économique, et à solliciter les Américains...

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