Nation
Carnets de campagne
Un long tissu de coups de poignard Abonnés

CARNETS DE CAMPAGNE. L’élection présidentielle de 2022 est encore loin et pourtant les prétendants semblent déjà battre campagne. Qui d’autre qu’Anne-Sophie Chazaud pour suivre, chaque semaine, le théâtre des opérations, et nous livrer un regard aussi aiguisé que les lames qui déjà se dressent dans l’ombre ?

Un long tissu de coups de poignard


CHAPITRE 1

Si la vie, hélas, -on le sait depuis la célèbre plaidoirie de Maître Bafouillet en défense du sapeur Camember-, « n’est qu’un tissu de coups de poignard qu’il faut savoir boire goutte à goutte », cela aura été particulièrement caractéristique de ce que les Français vécurent au cours du quinquennat Macron qui, de jupitérien, devint lunaire puis abyssal. Jamais depuis fort longtemps le pays n’avait semblé aussi proche du précipice et tout à la fois semblable à quelque cocotte-minute sur le point d’exploser, sorte de marmite à tensions constamment renouvelées, réinventées, démultipliées. Tout y fut chaotique, brutal, incompréhensible, pesant, clivant, pervers, violent, mais également souvent indigne et grotesque, ce qui ne fit que désorienter chacun un peu plus encore.

Le pays était à feu et à sang, les cathédrales brûlaient en veux-tu en voilà, les opposants qui n’en finissaient pas de s’opposer étaient réprimés de manière archaïque par des préfets portant gigantesques casquettes comme pour se parodier eux-mêmes et qui appartenaient à des « camps », les trafiquants faisaient la loi au nez et à la barbe des autorités (qui « condamnaient fermement et se déplaçaient sur le champ »), tantôt réglaient leurs contentieux interethniques à la mosquée du coin, tantôt tenaient des checkpoints comme dans un pays en guerre –ce qu’il était du reste à bruit plus ou moins bas, quelques efforts que fissent les irresponsables aux responsabilités pour le nier-, les couteaux volaient à rythme soutenu, pour un oui pour un non, les prêtres se faisaient égorger selon une cadence à peu près stable, l’émoi consécutif durait quelques jours, le pays, que l’on vendait à la découpe aux bons amis et dont la capitale s’était d’ailleurs emblématiquement transformée en porcherie mâtinée de Cour des Miracles, était méconnaissable. La crise sanitaire et sa gestion à la fois...

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