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Passe sanitaire et hygiénisme dans le monde Abonnés

OPINION. Belge résidant en Australie, notre lectrice nous livre sa vision de la gestion sanitaire à travers le monde. Elle s’inquiète des privations de libertés et de l’hygiénisation excessive de nos sociétés.

Passe sanitaire et hygiénisme dans le monde

Je suis belge et réside depuis une dizaine d’années maintenant à Sydney, en Australie. Je me tiens informée de l’actualité tant ici qu’en Europe, et ai ainsi le luxe de comparer ce qui se passe en différents endroits du monde. Je pourrais rédiger de nombreuses pages au sujet de tout ce qui, à mes yeux, nécessite réforme aujourd’hui. La liste serait longue. J’ai décidé de me concentrer ici sur le pass sanitaire, me sentant prise au piège dans cette machine infernale, et malheureusement mondiale.

L’Australie a eu la chance de vivre l’épidémie de Covid-19 en décalé. Nous avons été épargnés pendant un long moment et avons réussi à contenir la propagation du virus notamment grâce à la fermeture de nos frontières. Il semble toutefois qu’aujourd’hui, nos dirigeants n’aient rien appris de ce qui s’est passé à l’étranger. Ils reproduisent les mêmes inepties qui ont pourtant prouvé ne pas porter leurs fruits dans d'autres contrées. Le constat de cette démarche est malheureusement applicable à de nombreux domaines, tant les dirigeants n’ont que faire d’aller observer ce qui fait succès en dehors de leurs frontières. Orgueil ou ignorance ?

Je souhaite tout d’abord prendre l’exemple emblématique de la vaccination. Il est évident que celle-ci a son rôle à jouer dans la gestion de l’épidémie. J’en conviens aisément. Je demeure cependant profondément choquée de constater l’ampleur de la propagande pure et dure qu’est devenue la campagne de vaccination dans de nombreux pays développés. Les gouvernements ont promis à leur population une piqûre qui aurait le pouvoir d’une véritable baguette magique. Or force est de constater que des pays à haut taux de vaccination, tels que l’Islande, le Royaume-Uni ou Israël, ont un nombre d’infections aujourd’hui, parfois inédit pour Israël par exemple. Nul n’a donc besoin d’être scientifique pour comprendre que le vaccin, en mesure d’aider les individus à lutter contre la maladie, ne permet en rien de se battre contre la propagation de celle-ci. Vaccinée ou non, une personne infectée peut en contaminer une autre.

En tant que citoyenne, mais aussi mère de famille, je redoute les conséquences du pass sanitaire. Je crains que l’impact d’une telle mesure ait été amplement minimisé. Premièrement, la logique utilisée pour motiver les populations à se faire vacciner ne tient pas. Je suis lasse d’entendre les gens s’autoproclamer véritables héros des temps modernes en prétendant être vaccinés pour le bien de la communauté. Je le répète, le vaccin joue son rôle au niveau individuel et non collectif. Une personne qui déciderait de ne pas se faire vacciner ne devrait, par conséquent, en aucun cas pouvoir être qualifiée d’égoïste. Elle ne met en danger qu’elle-même. À ce titre, il me paraît discriminatoire d’interdire à cette personne l’accès à quelque établissement ou institution publique, de la même manière qu’il n’est pas permis de refuser l’entrée à qui que ce soit sur base d’une appartenance ethnique, une religion ou une orientation sexuelle. Tous ces exemples, y compris la vaccination, relèvent de la dimension personnelle et non collective.

Et à l’argument selon lequel une personne non vaccinée met en péril la gestion hospitalière, j’ai deux réponses. La première est que lorsque 80 % de la population se vaccine volontairement, motivée notamment par la peur, il me semble que l’hôpital d’un pays développé devrait être en mesure de gérer le reste, sachant que seule une partie de ces 20 % restants ne contractera le virus, et que seule une fraction de cette partie ne connaîtra des complications. La seconde est que la prise de risque relève, à nouveau, de la dimension individuelle. Rouler à moto est dangereux. Le motard prend donc un risque, qu’il est lui-même prêt à assumer. Pourquoi ne pourrait-on pas envisager la contamination au Covid19 selon la même logique, parlant à nouveau d’un nombre minoritaire de membres de la communauté ? Deuxièmement, il me paraît invraisemblable que l’on puisse envisager la vaccination de nos plus jeunes sans le moindre recul par rapport à ces nouveaux produits. Nos gouvernements seraient-ils prêts à se porter garants qu’aucun de nos enfants ne courra aucun risque quant à leur fertilité par exemple ? Gardons à l’esprit que les responsabilités des laboratoires pharmaceutiques ont été levées par les gouvernements, trop pressés et surtout en manque de créativité pour envisager d’autres solutions pour faire face à la crise sanitaire.

Même le port du masque généralisé pour les enfants et les adolescents posent problème à mes yeux. Peu d’études furent menées afin de mesurer l’efficacité d’une telle mesure quant à la propagation du virus auprès de cette population particulière. Or l’Irlande a déterminé que les effets nocifs étaient grandement plus importants que les bénéfices non prouvés : troubles de l’attention à l’école, empêchement de la visualisation de la formation des sons chez les plus jeunes, quantité importante de CO2 absorbée, sentiment d’anxiété accru, problème de communication non verbale et de contacts humains… pour n’en citer que quelques-uns. J’ajouterais en outre un sentiment de méfiance ambiant, que ne devraient pas connaître nos enfants, insouciants par essence. Voir des enfants s’inquiéter de la présence de microbes avant de toucher un objet ou un autre être humain me désole et m’effraie au plus profond de moi.

Par ailleurs, je m’interroge sur le triste constat qu’il fut bien peu question de traitements dans les débats au cours des dix-huit derniers mois. Il me paraîtrait pourtant logique que nos dirigeants, face à une crise sanitaire, portent tous leurs efforts à la découverte de médicaments qui guérissent, soulagent, ou au moins contribuent à une amélioration de l’état des patients. Or la seule mention de traitements relayée par les médias fut la polémique autour de l’hydroxychloroquine. Ce à quoi, comme de coutume de nos jours, il fallait être pour ou contre. La nuance a bel et bien déserté les débats. Les bien-pensants ont décidé d’attendre patiemment le vaccin, et nous avons assisté à un comptage quotidien des décès. Est-ce là une démonstration des progrès de l’humanité ?

Enfin, je ne vous cache pas ma peur quant à la préservation de notre culture. J’ose le mot devenu apparemment tabou sur la table des débats politiques aujourd’hui. Je refuse que la culture n’englobe plus que les différentes formes de divertissement. La culture, c’est aussi une manière de vivre, une façon de se côtoyer, un ensemble de valeurs. Je sais que parler d’identité est devenu grossier aux yeux de beaucoup. C’est pourtant ce qui a fourni à toute civilisation sa grandeur dans le passé. Nos pays occidentaux n’ont jamais, à l’opposé de nos voisins asiatiques, décidé de se couvrir le visage pour se protéger des microbes. Or il semblerait que peu de nos concitoyens soient à ce jour importunés de cette nouvelle norme. Nous avions pour habitude de nous embrasser, nous les « latins ». Souvenez-vous, nous éprouvions tant de plaisir à nous arrêter spontanément et pénétrer dans un café ou un restaurant, sans réservation, sans autorisation, sans devoir montrer patte blanche. Sommes-nous prêts à y renoncer ? Acceptons-nous que l’entrée au musée soit refusée à quelqu’un qui aurait décidé de ne pas marquer son accord face à une vaccination de masse dénuée de nuance et de bon sens ? Considérons-nous qu’il est normal que nos enfants doivent se couvrir le visage pour accéder au savoir ? J’ai aujourd’hui l’audace de vous implorer de porter mes questions sur la place publique. Je ne suis certainement pas la seule à réfléchir de la sorte. Nous sommes toutefois condamnés à l’ombre et au silence. La bien-pensance a parlé et a décrété que nous, les esprits critiques, étions purement et simplement des conspirationnistes. Il n’est pas encore interdit d’être intelligent, que je sache, et d’exiger des réponses à nos questions. Les gens que nous élisons nous les doivent. C’est le principe même du régime démocratique.

Je refuse que mes enfants grandissent dans un monde incolore, insipide et construit de barrières et de restrictions non fondées. J’exècre le principe de précaution qui s’est insinué dans nos vies quotidiennes. Je m’oppose à l’érection de la santé comme valeur suprême. L’être humain ne se doit pas de mener une vie de prudence et de choix confortables. Ce qui nous différencie des animaux réside très justement dans notre soif de projets et dans notre culture. La survie ne devrait suffire à personne. Non, être en mesure de nous calfeutrer, respirer et nous sustenter n’est pas suffisant. Nous avons besoin de sens. La valeur d’une vie ne se détermine pas par la durée de celle-ci, mais bien par sa richesse et sa qualité.

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