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Election présidentielle
2022 : De qui la France a-t-elle besoin ? Abonnés

OPINION. Les potentiels candidats se bousculent au portillon pour l’élection présidentielle d’avril prochain, avec un florilège d’annonces, de mesures et de promesses. Mais au fond, que doit-on attendre d’un chef d’État ?

2022 : De qui la France a-t-elle besoin ?

Dans la perspective de l’élection du président de la République, nous avons le choix entre faire du neuf avec du vieux, ou bien trouver des individus capables de porter l’étendard national avec dignité, désintéressement, pour conduire le pays avec une autorité vers une destination ambitieuse.

● Beaucoup de choix sont offerts dans la première partie de cette alternative : en effet, celles et ceux qui baignent dans le marigot politique depuis des lustres sont innombrables, inversement proportionnel en masse aux qualités requises pour s’intéresser à la chose publique, la res publica. Citons les baratineurs, les imbus de leur petite personne, les flagorneurs, les intéressés, les représentants des lobbies et autres bonimenteurs, les petits chefs, bref les ambitieux de tout poil dont la morale personnelle est « moi d’abord », soit encore, le pays au service de mes ambitions.

● Prenons également les plus jeunes, censés, apparemment, être moins vermoulus et plus aptes à introduire des nouveautés selon la célèbre formule : aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années ». Cependant ces belles âmes, au physique parfois avantageux, parfois disgracieux, peu importe, sont assez convaincues de leur valeur pour que l’on se pose assez vite la question de la prétention, laquelle débouche assez vite sur la morgue et la suffisance.

Nous avons connu ces diverses catégories depuis des dizaines d’années, si l’on se limite à la Ve République. Quelles en ont été les principales conséquences ?

● L’affaiblissement de la France, selon deux points de vue : celui de sa compétitivité économique, celui de sa position diplomatique internationale, deux critères sur lesquels la France est en net recul. La place de la France dans l’économie mondiale ne cesse de reculer, notre voix à l’ONU est devenue fluette !

● La défiance systémique de la population vis-à-vis de ceux qui la dirigent, perçus, souvent à juste titre, comme étant des mannequins désorientés ou désarticulés, girouettes, sans véritable culture publique, au sens où le service de l’État, et le désintéressement personnel qui est son corollaire sont le plus souvent évanescents chez ces gens-là. « Chez ces gens là, Monsieur, on ne pense pas, on compte » ?

● L’abstention grandissante à tous les échelons, local, régional, national, traduit l’idée qu’à force d’avoir des gouvernants non représentatifs, peu crédibles, incapables de tenir leurs engagements, les Français vont à la pêche. Je cite la phrase de Courteline « Être pris pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volonté de fin gourmet ». De là à penser que quelques fins gourmets détournent le système démocratique à leur avantage, pour faire du peuple les dindons, les imbéciles ou les idiots de la farce… Que fait un peuple pris pour ce qu’il n’est pas ? La révolte, la révolution ? L’Histoire est tragique, point n’est besoin de le rappeler !

Qui mettre à la place de ces histrions ?

Des personnes dotées de certaines qualités ou valeurs : sens de l’État, courage, désintéressement, humanité, respect des valeurs républicaines, voulant servir le pays en se mettant au service de l’intérêt général et d’une vision, et, enfin, simplicité de la conduite personnelle. Le courage d’être au niveau de ses convictions (en avoir ou pas ?), le courage de rester ferme dans l’adversité, ce qui passe par le risque assumé de l’impopularité à court terme, afin de privilégier le respect de ses engagements, celui de l’intérêt supérieur du pays, le respect du peuple et de ses institutions. Courage de dire « non », courage de la solitude, fierté de conduire le pays vers sa grandeur, fierté de dire « non » quand l’intérêt national, la souveraineté ou l’indépendance l’exigent. La traduction du courage en politique passe par le référendum, seul moyen de tester la confiance du peuple.

La simplicité du comportement personnel ; le respect des humbles et des « sans droit », l’impérieuse nécessité de donner l’exemple par la réduction du train de vie de tous les personnages publics ; la simplicité dans les valeurs personnelles, la simplicité dans les mots. L’ensemble de ces comportements redonnera du sens à la conduite humaine au plus haut niveau, comme du sens aux mots, aujourd’hui galvaudé et faussé par des professionnels de la parole, capables d’exprimer tout et son contraire dans la même phrase, induisant une perte de repères mortifère. Clarté des valeurs et du langage pour crédibiliser la parole publique et avoir confiance dans ses représentants.

Le sens de l’intérêt général et le respect de l’indépendance conduiront à écarter tout projet visant à satisfaire tel ou tel intérêt particulier au détriment de celui du pays. C’est la mise au rencart des projets motivés par la rentabilité partisane, c’est la mise au centre du débat public, ce sont des comptes rendus adressés périodiquement aux Français. Qualité qui va de pair avec un désintéressement personnel pratiqué et vérifié par les instances habilitées.

L’humanité enfin, celle qui est éclairée par une vision généreuse de l’être humain, nourrie aux sources de la culture historique, appuyée par une intelligence des comportements qui met au pas les prétentions surfaites, voire la fatuité résultant de la possession excessive de biens matériels, cette humanité qui a recours aux forces de l’esprit pour conduire sa réflexion personnelle, son attitude de dirigeant et l’État.

Celui ou celle qui aura mérité la charge du pays, connu ou inconnu, devra démontrer qu’il ou elle mérite notre confiance, condition essentielle de notre adhésion. Nous sommes déterminés à ne plus croire que « tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », tant nous avons été trompés par des années et des années de paroles mensongères. « Parle si tu as des mots plus forts que le silence ou garde le silence », disait Euripide. D’une manière aussi paradoxale que significative, la tâche première du personnage élu par nos soins sera de se taire et d’agir.

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La rédaction
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