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Salamé/Zemmour : Faites ce que je dis et pas ce que je fais… Abonnés

OPINION. Qu’il soit en campagne ou non, Eric Zemmour impose ses thèmes au débat public. L’origine des prénoms en est un. Par-delà les indignations gratuites de la journaliste Hala dite "Léa" Salamé, Céline Pina propose de penser cette question à la fois profonde et complexe.

Salamé/Zemmour : Faites ce que je dis et pas ce que je fais…


Ce samedi 11 septembre, Eric Zemmour était reçu dans l’émission de Léa Salamé et Laurent Ruquier, « On est en direct ». L’émission vira vite à la succession de passes d’armes entre le polémiste et des animateurs qui prenaient grand soin de montrer toute la détestation que le personnage leur inspirait. Comme si considérer Eric Zemmour comme l’antéchrist et le montrer sur un plateau valait brevet de vertu. La tension était palpable et un des échanges rugueux concerna la proposition du possible candidat à la présidence de la République de revenir à la loi de 1803. Cette loi promulguée par Napoléon précisait à l’époque que n’étaient autorisés « que les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne ». Selon Eric Zemmour, cette loi était nécessaire, car le fait qu’à la troisième génération les descendants d’immigrés portent toujours un nom en lien avec leurs origines manifestait l’échec de l’assimilation. Une déclaration faite sous le regard horrifié de Léa Salamé. L’échange prend tout son sel lorsque le lendemain, les réseaux sociaux se mirent à grouiller de photos montrant que le prénom de naissance de Mme Salamé était Hala à l’origine et avait été « francisé » en Léa.

Sortir des fausses indignations rituelles

L’anecdote est cocasse, mais pourrait permettre qu’on puisse, sur ce type de question, sortir de part et d’autre des fausses indignations rituelles, qui deviennent le quotidien de la politique à la télévision, pour s’interroger plus avant sur le choix qu’ont fait nombre d’immigrés de première génération, comme de réfugiés, de choisir des prénoms français pour leurs enfants. Or selon nombre de témoignages, la francisation du prénom était l’aboutissement d’une démarche, d’un choix : celui de l’assimilation. Ainsi dans Idiss, le livre de Robert Badinter, un homme que nul ne saurait soupçonner...

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