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La France accepte de délocaliser en Allemagne la production du moteur d’Ariane 6 Abonnés

ARTICLE. ArianeGroup a annoncé délocaliser la production du stratégique moteur Vinci de la fusée Ariane 6 en Bavière. Une conséquence d’un accord bilatéral entre la France et l’Allemagne qui va nuire au site industriel français de Vernon (Eure). 600 postes seront aussi supprimés par le groupe, pour faire face à la concurrence d’Elon Musk et de SpaceX.

La France accepte de délocaliser en Allemagne la production du moteur d’Ariane 6


« La France a plié face à l’Allemagne », résumait le syndicaliste CGT Pierre Giacomini pour RT France, en réaction à la décision, confirmée par ArianeGroup à ses partenaires sociaux le 23 septembre 2021, de délocaliser la production du moteur « Vinci » à Ottobrunn, en Bavière. Ce moteur-fusée à propulsion liquide d’environ 18 tonnes de poussée et dont les travaux se déroulent jusqu’à présent sur le site de Vernon dans l’Eure, doit équiper l’étage supérieur de la fusée Ariane 6, fusée du projet mené par l’Agence spatiale européenne (ESA) et devant être lancée avant le 1erseptembre 2021, depuis Kourou (Guyane). « Le moteur Vinci est le numéro un européen en matière de propulsion liquide avec de l’hydrogène. On développe cette technologie depuis plus de 50 ans, à l’aide de fonds publics, et l’Allemagne la récupère pour des raisons géopolitiques » avait encore dénoncé encore Pierre Giacomini.

Cette délocalisation, conséquence d’un accord industriel franco-allemand signé le 21 juillet, se fera progressivement et s’étalera sur plusieurs années. Dans cet accord, Berlin a obtenu – en contrepartie de financements concédés pour le développement du lanceur spatial « Prometheus » auquel les Français sont très attachés – une réorganisation industrielle d’ArianeGroup pour que l’Allemagne acquière de nouvelles technologies, jusqu’alors développées en France. ArianeGroup remplit donc maintenant sa part de l’accord en confirmant la délocalisation en Allemagne, dont le site français de Vernon et ses 860 salariés vont devoir faire les frais. Cette annonce représenterait une perte de 40 000 heures de travail par an pour le site.

L’entreprise entend supprimer 600 postes mais aucun site ne doit fermer

ArianeGroup a profité de l’occasion pour annoncer en même temps un plan de réorganisation des coûts et effectifs, prévu depuis plusieurs années, et visant à renforcer la compétitivité de l’entreprise. Celle-ci souffre de la concurrence du « féroce SpaceX et ses lanceurs réutilisables » (DRH d’ArianeGroup) qui peut bénéficier d’énormes contrats avec la NASA. Dans le cadre de ce « plan de départs volontaires », l’entreprise entend supprimer 600 postes ce mois-ci entre la France et l’Allemagne. Le groupe espère également bénéficier d’une enveloppe annuelle de 140 millions d’euros par an pendant six ans, versée à égalité par les états membres du projet. Cette décision devrait être actée fin 2022 par les pays membres de l’ESA et représenterait un financement « européen » du projet, à égalité.

Aucun site industriel ne doit toutefois fermer et Vernon doit faire l’objet d’investissements. Le Président avait annoncé un investissement de 30 millions d’euros pour accélérer le programme « Prometheus », actuellement en phase de construction, et soutenir les travaux du site dans le cadre du développement d’une filière hydrogène française. Mais les projets spatiaux de l’ESA suscitent un pessimisme grandissant, suite à de nombreux retards liés à des facteurs techniques (officiellement à cause du Covid-19). Certains s’inquiètent même déjà d’une future réclamation par l’Allemagne de la production de « Prometheus », ce qui représenterait « la fin de l’usine Vernon » selon le syndicaliste CFE-CGC Philippe Géry, cité le 23 septembre 2021 par l’AFP. Quand on voit la naïveté et l’altruisme de la France face au pragmatisme de la « Realpolitik » allemande, on est en droit de s’attendre au pire…

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