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Analyses
Pétainiste
Pétain et le socialiste Laval ensemble pour le « statut des juifs » Abonnés

OPINION. La campagne présidentielle lancée, une partie de la gauche use et abuse de l’anathème « pétainiste » pour attaquer l’autre camp. Cette même gauche qui n’était pourtant pas exempte de tout reproche, loin de là…

Pétain et le socialiste Laval ensemble pour le « statut des juifs »


« Pétainiste » est devenu l’insulte suprême, et aussi la plus commode pour les tenants de la pensée unique. Elle est remise au goût du jour comme synonyme de qualificatifs comme « extrême droite » ou comme « facho », longtemps infligés notamment au Général de Gaulle. Il s’agit toujours de bannir un opposant, et aussi, maladroitement et malhonnêtement, de masquer quelques réalités.

On avait cru comprendre qu’il n’y avait en réalité pas beaucoup d’hommes de gauche à Londres avec De Gaulle le 18 juin et Jean Moulin. On nous avait dit que les pleins pouvoirs avaient été votés en juillet 1940 par des députés et sénateurs de gauche et de droite réunis, dont trois quarts des députés socialistes du Front populaire. Il paraît même que Pierre Laval, premier puis dernier chef du gouvernement de Vichy, avait été le principal second du maréchal, durant 2 ans et 9 mois sur les quatre années du régime.

Le 3 octobre 1940 était adopté le « statut des juifs », texte ensuite remplacé par un second statut du 2 juin 1941, qui s’emmêle plus encore entre « race » et « religion ». Ce statut est publié au Journal officiel du 18 octobre 1940. Il est signé de Philippe Pétain (chef de l’État) et de Pierre Laval, vice-président du Conseil (comme on citait alors le chef du gouvernement), comme on peut le vérifier. C’est donc cette cohabitation entre Pétain et Laval qui installe l’antisémitisme d’État. La gauche fait tout pour le dissimuler, de même que l’alliance entre nazisme et stalinisme jusqu’en juin 1941 ou le parcours socialiste de Mussolini.

Visiter ou revisiter ces pages sombres ne saurait être interdit, notamment par ceux qui ont oublié la francisque de l’un ou le pacte soutenu par d’autres. Réfléchir n’est pas excuser. En tout cas, le reproche de « réhabiliter » Pétain ne pourrait que s’accompagner du même coup de celui d’exonérer Laval. Pour la gauche historique et pour les macronistes, il vaut mieux diaboliser le maréchal en oubliant son second. Dénoncer le sort fait aux Juifs par le « statut », c’est inséparablement mettre en cause le pétainisme et cette partie de la gauche qui s’est inclinée puis déshonorée dans la collaboration.

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