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OPINION. En fin de semaine dernière, le lycée Jacques Prévert de Combs-la-Ville a été le théâtre de l’agression d’une enseignante par l’un de ses élèves au sein même de la salle de classe. La scène, filmée, est rapidement devenue aussi virale qu'elle est symptomatique de l’absence totale de respect des institutions et des figures d’autorité. Une analyse signée Céline Pina.

La République humiliée


Le lycée Jacques Prévert de Combs-la-Ville a été le théâtre de l’agression d’une professeure par l’un de ses élèves au sein même de la salle de classe. Devenue virale, la vidéo a enflammé les réseaux sociaux, car elle est représentative de l’absence totale de respect des institutions et des figures d’autorité qui font partie des marqueurs de la montée de l’ensauvagement.

« Wallah, écarte-toi de ma rue. Eh le Coran, poussez-vous madame ». Voilà ce que dit le lycéen avant d’ouvrir brutalement la porte de la salle de classe, projetant l’enseignante contre le mur et la faisant tomber à terre. Alors que la classe entière rigole, seul un jeune garçon se lève pour aider sa professeure.

Une scène exceptionnelle ? Oui, selon les statistiques du ministère. Non, si l’on en croit l’exaspération des syndicalistes, des parents et des enseignants qui dénoncent, dans certains établissements, des comportements d’élèves souvent inadmissibles, mais rarement sanctionnés à la hauteur des nuisances qu’ils créent. Ce qui aboutit à ce type d’acte au bout de la chaîne et fait que certains établissements concentrent les faits de violence.

À l’origine de l’altercation entre le lycéen et l’enseignante, il y a en effet la volonté de ce dernier d’utiliser une enceinte Bluetooth en classe. Ce qui signifie que pour certains adolescents ou jeunes adultes, écouter leur musique en classe et en faire profiter toute l’assistance est considéré comme possible et que le refus du professeur de supporter ce genre de provocation est vu comme nécessitant de poser un acte de rébellion et justifie de quitter le cours, drapé dans son bon droit. Lequel comportement suscite l’admiration de la grande majorité de ses petits camarades, qui postent fièrement la vidéo sur les réseaux sociaux.

L’institution est prompte à expliquer que ces soucis-là se cantonnent principalement aux lycées techniques et...

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