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Georges Kuzmanovic renvoyé par Ubisoft, République Souveraine évoque un licenciement politique Abonnés

ARTICLE. Georges Kuzmanovic, président de République Souveraine et candidat à la présentielle 2022, a annoncé mercredi 20 octobre son licenciement du géant de l’industrie vidéoludique Ubisoft, pour lequel il travaillait. Notre collaborateur dénonce un acte injustifié motivé par des considérations politiques.

Georges Kuzmanovic renvoyé par Ubisoft, République Souveraine évoque un licenciement politique


« Je suis consterné de voir qu’en 2022, une entreprise puisse sanctionner un salarié parce qu’il… s’engage pour ses idées. La démocratie est devenue un motif réel et sérieux de licenciement ? » a déclaré ce mercredi 20 octobre sur Twitter le député LR Julien Aubert, réagissant à l’annonce par le parti République Souveraine du licenciement de son président Georges Kuzmanovic, employé jusqu’alors par Ubisoft. Georges Kuzmanovic, par ailleurs contributeur régulier à la revue et au site de Front Populaire, avait été mis à pied le 1er octobre par son employeur et avait été convié le 13 octobre à un entretien préalable à un licenciement.

L’employeur n’a pas à « juger de la pertinence de notre candidature »

Le candidat à la présidentielle 2022 a tenu à rappeler que « quelques jours avant, il passait même un entretien d’évaluation, sans aucun reproche », et qu’il n’avait « commis strictement aucune faute sinon le fait des exercices ont droit basique de citoyen celui d’être candidat à une élection dans son pays la France ». Pour justifier le licenciement, Ubisoft aurait déterré « des blagues de mauvais goût, ce que Brassens appelait des Gauloiseries », dans des mails privés, mais envoyés via la boîte professionnelle du salarié.

Georges Kuzmanovic, père de trois jeunes enfants, a ensuite taclé la DRH de la société de jeux vidéo, Anika Grant arrivée chez Ubisoft en avril 2021. Il a rappelé son passé chez Uber, société « condamnée aux États-Unis pour harcèlement ». La Chief People Officer (She/her) – notons le subtil mélange de novlangue managériale et de lexique woke – du groupe « voulait le licencier »et n’aurait « trouvé que cela ». Considérant le motif de licenciement attaquable aux Prud’hommes, République souveraine a rappelé que « quelle que soit notre opinion sur ce candidat, cet état de fait est une injustice pour nous tous » et considéré que ce n’était pas à l’employeur « de juger de la pertinence de notre candidature ». Pour rappel, la discrimination politique constitue un délit pénal...

Pourquoi la gauche ne défend-elle pas Georges Kuzmanovic ?

Devant ces accusations, Ubisoft s’est pour le moment muré dans le silence, n’offrant pas de contre-version aux faits évoqués dans le communiqué de République souveraine. Sur les réseaux sociaux, outre Julien Aubert, bien des personnalités ont manifesté leur soutien… et en premier lieu des contributeurs de Front Populaire. Entre autres, l’avocat Régis de Castelnau, qui a qualifié ce licenciement de « saloperie » et de « délit pénal ». L’économiste David Cayla rappelait, à raison, que Georges Kuzmanovic « [avait] le droit de se présenter à l’élection présidentielle sans crainte de représailles de la part de son employeur ». Ou bien encore l’économiste Jacques Sapir et Charles-Henri Gallois (président du mouvement Génération Frexit) qui ont tous deux qualifié cette décision de « scandale ».

Certains, à gauche (assez peu amatrice de licenciements, sur le papier), étaient pourtant bien silencieux à l’annonce de la nouvelle... Mais où étaient donc passés Jean Luc Mélenchon (LFI, parti auquel Georges Kuzmanovic a longtemps appartenu), Anne Hidalgo (PS), Fabien Roussel (PCF) ou bien encore Arnaud Montebourg (L’Engagement) ? Une réaction de leur part aurait été logique eu égard aux convictions qu’ils prétendent pourtant défendre... Pour ce camp qui entend monopoliser la question sociale, les masques tombent.

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