Analyses
Carnets de campagne
Ils ne risquent pas de déraper, eux, ils sont le verglas ! Abonnés

CARNETS DE CAMPAGNE. Pas encore candidat, Éric Zemmour poursuit sa campagne, ses serrages de mains, ses rigolades face caméra, sa vampirisation de l'espace médiatique. Il n'en faut pas plus pour que les commentateurs convenus, petits commissaires politiques de la bien-pensance et autres clowns tristes, éternels indignés du Verglas, à l'affût du premier dérapage venu, se scandalisent et s'auto-mobilisent. Anne-Sophie Chazaud s'est penchée sur leur cas.

Ils ne risquent pas de déraper, eux, ils sont le verglas !


« Ils ne risquent pas de déraper, eux, ils sont le verglas », disait le regretté et visionnaire Philippe Muray pour qualifier les officines médiatico-mondaines de la bien-pensance et leurs zélés serviteurs, précisant : « C’est là aussi que s’établissent les interdits, que se mettent à jour les fiches de police et que l’on répertorie les dérapages ». Et il faut bien l’avouer, ils sont là, guettant avec gourmandise, impatience fébrile, la sortie de route tant espérée, l’embardée attendue de pied ferme (au besoin provoquée si d’aventure celle-ci tardait trop à venir), la déclaration sur laquelle la belle âme pourra s’indigner tout à loisir et lancer ses anathèmes et mines graves de circonstance, le tweet aux connotations nauséabondes par ces temps d’olfaction fragile, la publication Facebook qui pourrait bien vous valoir une décapitation qu’après tout vous n’auriez pas volée ou, au minimum, la mise au ban loin des salles de catéchisme postmoderne à l’esprit lourd, si lourd et consensuel, le mot qui pourrait vous faire plonger, vous faire tout perdre (car vous n’êtes pas un adversaire, mais un ennemi qu’il convient d’abattre, d’invisibiliser, de canceler), la parole aux accents inavouables, aux infléchissements suspects… C’est sur la base de ces édits de foi inquisitoriaux que s’élaborait le « débat » public depuis plusieurs décennies et chacun, d’une manière ou d’une autre, finissait par s’y plier, sous peine de mort sociale, d’ostracisation, de disqualification, de psychiatrisation, parfois de mise à mort réelle par l’intermédiaire des petits S.A d’un système idéologiquement pervers et totalitaire (rappelons-nous Samuel Paty), ce Verglas ne souffrant pas la dialectique non plus qu’une quelconque énonciation qui fût de nature à battre en brèche ses postulats, sa moraline de faux impertinents détenteurs de la seule forme tolérée d’impertinence (qui ne l’était donc plus depuis belle lurette : seul demeurait le...

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