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Présidentielle 2022
Y a-t-il un péril Michel Barnier ? Abonnés

OPINION. La candidature de l’eurocrate au Congrès LR que personne n’attendait pourrait s’avérer plus sérieuse que prévu. Une éventuelle poussée qui ne présage rien de bon pour le camp souverainiste.

Y a-t-il un péril Michel Barnier ?


Ceux qui ont assisté sur CNews (Le Grand Rendez-vous, le 17 octobre dernier), à l’entretien de Sonia Mabrouk et de Mathieu Bock-Côté avec Michel Barnier, auront compris que, selon toute probabilité ce dernier sera le héraut de LR lors des élections présidentielles d’avril 2022. Des élections cruciales pour la France et les Français, car un autre quinquennat ridicule et odieux mettrait la Nation en très grand danger. En effet Michel Barnier a démontré, même à ceux qui ne l’aiment pas, qu’il était coriace et qu’il avait la prestance et l’autorité naturelle d’un possible chef d’État. Il faut admettre qu’il a fait mieux que tenir tête à Sonia Mabrouk et à Mathieu Bock-Côté qui — à notre avis — n’avaient pas préparé cet entretien dans le bon axe : celui d’un certain mensonge européen.

En cette fin octobre, les sondages incluent encore Xavier Bertrand, mais pas Michel Barnier, et cette situation inconfortable va durer jusqu’au 4 décembre, jour où les militants LR vont choisir leur champion. Il ne restera alors à ce dernier que quatre mois pour faire campagne. Mais cette brièveté peut s’avérer comme un atout. Car si c’est Michel Barnier (suffisamment habile pour avoir gardé ses distances avec le marigot politique), sa courbe de rattrapage sera alors ascendante de telle façon qu’il peut surgir au niveau d’Emmanuel Macron (bizarrement toujours à 23 %), et dépasser les 16 % de Marine Le Pen et Éric Zemmour. Certes MIchel Barnier incarnera mieux la dignité élyséenne qu’Emmanuel Macron. Sans grand effort… Répondra-t-il pour autant à l’attente anxieuse des Français ?

Il ne suffit pas de saupoudrer son projet de réduction de l’immigration pour satisfaire la demande puissante et libérée de l’opinion. D’ailleurs ses coups de menton n’annoncent pas l’arrêt de l’immigration, mais un référendum sur un moratoire ! De plus, il suffit de scruter tout son parcours idéologique depuis 30 ans. Il s’est opposé à la ligne Séguin qui, en 1992, défendait la Constitution française contre le projet de l’affaiblir pour permettre Maastricht. Jacques Chirac (c’était une démission) avait recommandé l’abstention lors du Congrès de 1992 et seuls 4 personnes du RPR, dont Michel Barnier, avaient voté la révision constitutionnelle. Retourné à la vie civile, il devient vice-président du groupe Mérieux Alliance (holding d’un ensemble de sociétés dans le domaine de la biologie), chargé des relations avec les grands organismes de santé internationaux, les instances économiques et financières, les acteurs du développement mondial…

Lorsqu’en 2005, le peuple souverain rejette largement l’utopie dangereuse de la Constitution européenne, Michel Barnier (devenu commissaire bruxellois) se dit inquiet, car « nous risquons de ne plus avoir cette Constitution… [qui] tentait de régler des problèmes… Si cette Constitution n’existe pas, il faudra la réinventer d’une manière ou d’une autre ». José Manuel Durão Barroso (homme de paille de la finance internationale) et la présidence allemande de l’UE chargent, dès 2005, une équipe d’« experts » de trouver le biais pour imposer aux peuples les changements souhaités par la finance. Ce sera le groupe officieux « Amato », dont Michel Barnier est membre. Le résultat sera la haute trahison du traité de Lisbonne dont Valéry Giscard d'Estaing disait que c’est la même chose que sa prétendue « Constitution », mais dont Michel Barnier affirmera que ce n’est qu’un « accord technique nécessaire ».

Tournons-nous dès lors du côté du « désordre souverainiste » : outre le coude à coude incertain entre Marine Le Pen et Éric Zemmour, il y a d’autres candidats déclarés. François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Florian Philippot, peuvent culminer à eux tous de 4 à 7 %, et faire perdre la France ; c’est l’effet Taubira : entêtement, ego, manque de sens civique et une défaite assurée face aux ennemis de la Nation, ce dont ils porteront la culpabilité historique. Tous les souverainistes doivent désormais écouter la souveraineté populaire qui ne s’exprime pas seulement le jour du scrutin. Mais qu’on entend aussi à bas bruit dans les sondages sur les attentes ou les hantises de l’opinion publique : immigration, insécurité, désindustrialisation, chômage, injustices sociales, misère des services publics, tous fruits amers de Bruxelles et de ses options mondialo-libérales. La dégradation de l’école ou de la justice est le produit des idéologies totalitaires de l’extrême gauche, mais l’anémie de la démocratie est voulue (depuis 30 ans) par les castes politiciennes dominantes. Aussi ces leaders souverainistes doivent d’urgence : établir un programme commun souverainiste, un accord de gouvernement, et s’engager à un rassemblement politique autour d’un seul candidat.

Il y a 60 ans que la France n’est plus gouvernée dans le sens de son seul intérêt national. Les dégâts sont immenses et la perspective dramatique. Qui osera la diviser encore ?

Publié le 26 octobre 2021
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