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"Merci Macron" : les nouvelles affiches "territorialisées" des Jeunes avec Macron Abonnés

ARTICLE. L’organisation de jeunesse de la majorité présidentielle compte distribuer 15.000 nouvelles affiches, dont au moins une différente par région, à compter du 5 novembre. Les affiches en question vantent le bilan économique d’Emmanuel Macron en vue de sa réélection, bien qu’il ne soit pas encore officiellement candidat.

"Merci Macron" : les nouvelles affiches "territorialisées" des Jeunes avec Macron


Après avoir réclamé « cinq saisons de plus » en septembre dernier, les « Jeunes avec Macron » (JAM) reviennent à la charge avec quinze mille nouvelles affiches validées par les instances de LREM. Elles seront distribuées durant le mois de novembre à partir du vendredi 5 et il y en aura au moins une par région. Les JAM continuent de surfer sur les codes couleurs et typographiques empruntés – de leur propre aveu – à la plateforme américaine de streaming Netflix, avec des écritures rouges ou blanches sur un fond sombre et l'utilisation du vocabulaire lié aux séries (« pour cinq saisons de plus »). Mais cette fois-ci, une nouvelle stratégie a été tentée : la territorialisation des affiches, c’est-à-dire que chaque région aura le droit à une mesure différente mise en avant sur l’affiche. Du pseudo-girondinisme de la dernière heure, venu d'un parti n'ayant jamais réussi à s'extraire de la matrice jacobine qui l'a vu naître.

La première des deux affiches ayant été dévoilées concerne la Touraine : « 30% des salariés protégés en Touraine grâce au chômage partiel ». Comprenez : « remerciez-nous, on aurait bien pu les laisser sans rien » ! La seconde, destinée à la région Nord, porte quant à elle sur les économies réalisées par les ménages avec la suppression de la taxe d’habitation, une des promesses principales de Macron en 2017 : « 1549€ économisés dans le Nord avec la suppression de la taxe d’habitation ». Le tout surplombant le slogan « Merci Macron ». Les chiffres utilisés proviennent d’éléments mis à disposition par Bercy ou encore du site internet impots.gouv, et le coût de ces affiches sera intégré aux dépenses de campagne.

Le président des JAM Ambroise Méjean s'est naturellement fait l'avocat de cette campagne territorialisée, expliquant que « les Français ont un peu de mal avec la politique nationale ». « On a voulu une déclinaison d’affiches personnalisées dans les départements, poursuivait-il, pour qu’ils constatent concrètement les avancées que le gouvernement a pu mettre en place ou les économies que la politique de la majorité a pu permettre [...] C’est un peu cash, provocateur évidemment, mais c’est aussi le sentiment que certains Français peuvent ressentir à l’égard du président de la République » continuait-il encore. En revanche, pas de lien selon lui avec le titre du documentaire de François Ruffin « Merci Patron ! », malgré la rime. Simple coïcidence, à l'en croire.

Une campagne tournant principalement autour du pouvoir d’achat

Depuis que le dernier sondage (Elabe pour BFMTV à date du 20 octobre) concernant les sujets tenant le plus à cœur aux Français a révélé que le pouvoir d’achat passe devant l’immigration pour une majorité de Français, les affiches ciblent bien plus les économies éventuelles permises grâce à la politique de l’exécutif. Un tournant de discours particulièrement visible dans un des derniers tweets des JAM où l'on peut lire : « Suppression de la taxe d’habitation, déploiement du chômage partiel… partout en France, l’action d’Emmanuel Macron a amélioré le quotidien de tous les Français. Sur tous les murs de France, nous dirons #Merci Macron ». Un article a même été publié sur leur site, intitulé : « Qui ferait mieux qu’Emmanuel Macron pour l’économie et le pouvoir d’achat des Français ? » publié le 26 octobre. Selon cet article, le pouvoir d’achat des Français n’aurait cessé d’augmenter, en moyenne de 300 euros par an… Difficile à croire après la hausse de la CSG, les mobilisations des Gilets jaunes, la tentative de réformer les retraites ou encore le confinement, qui a causé une récession économique sans précédent.

Ni implantation locale, ni réelle politique régionale

L'objectif des jeunesses macronistes : séduire les Français sur la question – sensible – du pouvoir d’achat qui leur tient à cœur, mais aussi donner l’impression qu’Emmanuel Macron a une politique adaptée à chaque région, campagne probable de réelection oblige. Ce n'est bien sûr pas le cas : rappelons le nombre de mois qu’il a mis avant d’adapter la politique sanitaire en fonction de la situation de chaque région. C’est surtout peu honnête de laisser entendre qu’Emmanuel Macron aurait une action locale, qui est en vérité quasi-inexistante : LAREM a une majorité de députés à l’Assemblée nationale mais ne possède qu'une présidence de conseils régionaux sur dix-sept, deux présidences de conseils départementaux sur quatre-vingt quinze, quelque dix-sept sénateurs et seulement quatre maires de communes de plus de 30 000 habitants… Ne nous y trompons pas, la majorité n’a réussi, en cinq ans de règne, qu'à mettre en place un embryon fragile d'implantation territoriale. Pas de politique régionale d'envergure à l'horizon.

Publié le 7 novembre 2021
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