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Écriture inclusive : le pronom « iel » consacré par le Robert Abonnés

ARTICLE. Le pronom « iel » — toute personne absente des réseaux sociaux n’en aura probablement jamais entendu parler — a fait son entrée dans le dictionnaire Le Robert. Une nouvelle victoire pour cette « écriture inclusive » qui ronge à petit feu la langue française.

Écriture inclusive : le pronom « iel » consacré par le Robert


Une nouvelle définition est apparue dans le dictionnaire : « iel ». Définition : « Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre ». C’est désormais acté : les divagations « inclusives » font leur entrée dans le dictionnaire. En l’occurrence, il s’agit du site du Robert , l’un des principaux dictionnaires en usage et véritable référence en matière de vocabulaire et d’évolution de la langue. Voilà donc que l’écriture inclusive est confortée dans son usage et que sa forme la plus délirante est inscrite noire sur blanc.

Cette nouvelle façon d’écrire ne cesse de progresser, à petits pas. Théoriquement marginale – d’après ses défenseurs –, elle est couramment utilisée par les administrations de certaines universités (Toulouse, Lille…), de certaines municipalité (PS et EELV essentiellement), par des partis politiques (EELV, LFI), des syndicats (CGT), mais aussi des médias (Libération ou Mediapart l’autorisent, notamment dans leurs tribunes). Le gouvernement l’a quant à lui banni en partie de sa communication depuis qu’Édouard Philippe a tranché la question en février 2019.

Pour autant, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances (sic), dirigé en son temps par Marlène Schiappa, en avait abondement vanté les mérites. On trouve encore sur son site l’utilisation du point médian (par exemple : « tou·te·s ») sur d’anciens articles non corrigés, ainsi que la promotion d’outils controversés, comme par exemple la promotion du site écriture-inclusive.fr ou du « Manuel d’écriture inclusive ». Un ouvrage qui est d’ailleurs promu par la direction de l’université de Toulouse III.

63 % des sondés désapprouvent l’écriture inclusive

Difficile de le nier : l’introduction du pronom « iel » dans le dictionnaire s’inscrit dans une démarche militante visant à faire évoluer lentement ce langage dont pourtant les Français ne veulent pas. Ils étaient 63 % à en désapprouver le principe, dans un sondage IFOP/Express du 2 mars 2021. Une part importante (42 %) n’en avait même pas entendu parler, preuve en est qu’il ne s’agit là que d’un gadget élitiste, militant et hors-sol. Au-delà de la féminisation des noms, sont désormais plébiscités l’accord de genre, la règle de proximité, l’utilisation systématique du masculin et du féminin. Mais surtout, d’autres règles (tout aussi irritantes) sont mises en avant comme l’utilisation du point médian, véritable vecteur de discriminations pour les mal voyants et dyslexiques – un paradoxe désolant qui prouve que ceux qui l’utilisent n’ont cure de la prétendue inclusion. Et enfin, la création de pronoms dits « inclusifs », censés refléter la vaste diversité des genres auxquels on peut désormais s’identifier.

Au fond, le Robert ne fait que participer à cette dynamique d’américanisation et d’asservissement des usages qui a désormais les faveurs de la gauche « woke ». Cette gauche qui semble pourtant si minoritaire dans la représentativité nationale (Jadot –Mélenchon – Hidalgo – Poutou – Kazib ne cumulent qu’environ 20 % des voix au premier tour de la présidentielle 2021, d’après les récents sondages) ne remportera sans doute pas la guerre politique. Mais elle pourra se consoler avec ce genre de victoires dérisoires qu’elle fera ensuite subir à l’ensemble des Français.

Publié le 12 novembre 2021
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