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Les chasseurs doivent-ils jouer un rôle en matière de police de proximité ? Abonnés

DÉBAT. Le 13 novembre, le président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen suggérait au JDD que les chasseurs puissent, à l'avenir, jouer un rôle en matière de police de proximité. Une proposition qui a fait réagir. Les chasseurs peuvent-t-ils, oui ou non, assurer des services de police au quotidien ? C’est le débat de ce dimanche.

Les chasseurs doivent-ils jouer un rôle en matière de police de proximité ?


La chasse est au cœur de l’actualité, notamment depuis qu'un automobiliste s'est fait tuer par accident par un chasseur, le samedi 30 octobre 2021 en Ille-et-Vilaine. Alors que le monde de la chasse peine à se dégager des polémiques qui l’entourent, une récente déclaration n’a pas manqué de faire réagir. Le 13 novembre 2021, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen suggérait au JDD que les chasseurs, électorat particulièrement courtisé en période de campagne pour la présidentielle, pourraient conclure des « partenariats » avec les maires ruraux, afin de donner aux agents assermentés de la Fédération des pouvoirs de police dans la forêt, pour lutter « contre la délinquance rurale et environnementale ».

Constatant qu’aujourd’hui « on assiste dans les communes rurales à une disparition de la police de proximité concernant la surveillance des espaces agricoles et forestiers », Willy Schraen a proposé de confier de nouvelles tâches à ses « agents de développement » qui travaillent au sein de la FNC. Ces « professionnels formés et assermentés intervenant déjà dans certaines communes qui en ont fait la demande pour la régulation de certaines espèces nuisibles » pourraient — si la proposition était acceptée — « s’occuper des dépôts d’ordures illégaux, de la divagation des animaux domestiques, des problèmes liés à la présence de véhicules motorisés dans la forêt à des endroits sensibles ».

C’est la proposition de les autoriser ensuite à « dresser des procès-verbaux » et à « constater des flagrants délits » qui a le plus alimenté les critiques. Ce serait accorder à des chasseurs des prérogatives de l’État, que le chasseur ne justifierait pas par la validation d’un concours ou d’un entretien de recrutement. Bref, quelle serait la légitimité, aux yeux des citoyens, d’un chasseur qui viendrait leur dresser un procès-verbal ? ...

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Publié le 21 novembre 2021
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