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Black Friday : être pour consommer, consommer pour être Abonnés

OPINION. Plus qu’une folie consumériste, l’euphorie de cette semaine du Black Friday est aussi le signe d’une profonde crise de sens dans notre société de confort moderne.

Black Friday : être pour consommer, consommer pour être


Voilà, la frénésie de la fin d’année est en marche et ces millions de gens qui, obsédés par la consommation, jouisseurs invétérés, vont traquer sur les écrans le plus petit prix pour accumuler des choses. Ils achètent avec en point de mire l’affaire à réaliser, 20, 30, 50 % d’économies et en avant, existences vides qui comblent des désirs toujours inassouvis !

Autour de moi, j’observe ce sens donné à leurs existences, pouvoir se faire un week-end à Walt Disney par exemple le summum familial de la consommation culturelle, ne pas aller à Paris pour visiter un musée ou des lieux historiques non, non ! mais bouffer de l’américain en barre, du McDo et se faire prendre en photo avec Mickey ou Dingo. Ces Français si peu français…

À quand une révolte culturelle et aller se nourrir de grands livres, de grands tableaux, de grands films, de nos grands auteurs d’un Proust ou d’un Nietzsche, même si vous ne saisissez pas tout au début, laissez vous prendre par une phrase, une expression et votre vie s’en trouvera réellement nourrie, un horizon s’ouvrira, un souffle de puissance, une liberté de votre être qui enfin brisera ces chaînes du néant consumériste qui vous mène vers l’angoisse et la vacuité.

Car ce faux sens donné à sa vie pour se croire dominant — car on achète, on accumule, on entasse, on devient obèse de confort — rend en réalité rabougri, inculte, ignorant du vrai monde et enferme l’esprit calculateur dans cet égoïsme nombriliste et intolérant, « Chez ces gens-là, Monsieur, on ne pense pas, Monsieur, non, on compte ! » fameuse parole de Jacques Brel de la chanson Chez ces gens-là prend tout son sens.

Ce virus de consommer, lui, a un antidote, non pas un vaccin ponctuel, mais un authentique travail de prise de conscience de ce délire qui emprisonne, empoisonne, rend même fou en évacuant toute culture, toute ouverture intellectuelle désintéressée. Ces cerveaux sont farcis de nourriture avariée mêlant pêle-mêle l’attente des soldes, le prochain rabais sur une machine à laver, la vente de l’ancien canapé pour en acheter un nouveau, toujours à l’affût, pour acheter ou vendre. Cette idéologie qui guide la plupart des foyers conduit à cette lutte permanente contre la frustration matérielle ou à cette envie obsessionnelle et malsaine de faire des affaires, marchands du temple qui souillent tout dans l’irrespect de valeurs supérieures, immatérielles !

Consommer pour exister, pour combler des désirs incontrôlés, et nier son être dans cet enfer du bien-être qui semble doux, mais n’est qu’un poison d’un capitalisme débridé aux tentacules mortifères qui étouffent l’existence. Cerveaux détraqués qui n’ont rien à dire de profond, dégoulinant d’ennui et tentant de combler avec des apparences d’images et d’objets.

« J’ai presque cessé de vivre pour commencer à être » écrivait dans son journal le philosophe Henry David Thoreau. À lire et à méditer… Mais surtout à vivre !

Publié le 24 novembre 2021
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