Nation
argent
Présidentielle 2022 : le pouvoir d’achat, principale préoccupation des Français ? Abonnés

ARTICLE.  L’omniprésence médiatique d’Éric Zemmour aidant, la campagne électorale pour les présidentielles 2022 semble pour le moment placée sous le signe de l’insécurité et de l’immigration. Mais si le pouvoir d’achat ne figure pas en tête des sujets de prédilection des candidats, un récent sondage indique que ce sujet préoccupe tout particulièrement les Français…

Présidentielle 2022 : le pouvoir d’achat, principale préoccupation des Français ?


« C’est un sujet qui, malheureusement et étonnamment, est très peu abordé dans cette première phase de la campagne présidentielle : les salaires. On en parle peu, mais c’est pourtant l’un des sujets principaux des Français, et surtout des très nombreux Français qui, dès le 25 du mois, le 20, parfois le 10, sont en difficulté. », nous expliquait Georges Kuzmanovic la semaine dernière sur Front Populaire. Force est de constater que le candidat de République Souveraine à la présidentielle tapait juste. Le pouvoir d’achat reste un concept central qui, s’il est bien peu présent dans les débats de la course à la présidentielle, n’en demeure pas moins très important aux yeux des Français. C’est en tout cas l’une des principales conclusions du sondage Odoxa-FG2A pour Europe 1, en date du 29 novembre.

Si les Français restent sensibles aux problématiques d’immigration (25 %), la sécurité et la lutte contre le terrorisme (24 %) ou la santé (30 %), leur principal sujet d’inquiétude serait le pouvoir d’achat : 45 %. Un chiffre guère étonnant dans un pays qui comptait d’après les dernières données publiées par l’INSEE en 2019, 9,3 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire. Soit près de 15 % de la population vivant avec moins de 1 063 euros par mois.

L’inflation la plus forte depuis 2008

Les Français interrogés considèrent à 94 % que les multiples confinements de ces deux dernières années ont provoqué une hausse des prix et de l’inflation. En tête des sujets de préoccupation, le prix de l’essence et de l’énergie (53 %) et le prix des produits de consommation courante (31 %). Force est de constater que sur ces points, les Français ont le sens des priorités bien en ordre. Dans son indicateur sur l’inflation d’octobre, l’Insee note une augmentation de 20,2 % des prix de l’énergie sur 12 mois, dont 27 % sur les produits pétroliers. L’inflation sur 12 mois atteindrait 2,6 %, soit le plus haut niveau constaté depuis la crise de 2008 et, hormis ce pic éphémère, 1991 !

Bien que l’Institut des politiques publiques (IPP) souligne une progression du niveau de vie des ménages de 1,6 % depuis le début du quinquennat, les Français ne l’entendent pas de cette oreille. Bien informés, sans doute anticipent-ils les problématiques à venir de tensions énergétiques, de matières premières et d’alimentaire. Le succès des débats portant sur notre futur mix énergétique électrique n’est sans doute pas étranger à cette angoisse.

Cette campagne est décidément bien étonnante. Si le pouvoir d’achat est prioritaire pour 45 % des sondés, comment expliquer que le camp de la gauche soit si bas en intention de vote ? Le sondage Ifop-Fiducial publié le 27 novembre place le panel Mélenchon —Arthaud - Hidalgo —Montebourg —Roussel —Jadot —Poutou à seulement 27 % du total des intentions de vote. Preuve en est du décalage entre les citoyens et cette gauche devenue inaudible, incapable de penser les inégalités salariales et encore moins de répondre au problème.

commentaireCommenter