Analyses
Emmanuel Macron
Jupiter n’arrive pas à la cheville du général Galliéni Abonnés

OPINION. Face aux Allemands, le général Galliéni réquisitionnait les taxis parisiens pour aller au front. Contre le covid, Emmanuel Macron préfère les restrictions de libertés et les mesurettes au lieu de sauver l’hôpital public.

Jupiter n’arrive pas à la cheville du général Galliéni


La victoire de la Marne en 1914 par les troupes franco-anglaises fut décisive, car sans cette victoire, les Allemands pouvaient potentiellement atteindre Paris. La reprise en main des troupes par le maréchal Joffre permit ce succès. Plus symboliquement, le général Galliéni permit d’acheminer vers le front un renfort de troupe en réquisitionnant les taxis parisiens pour suppléer le manque de transports. Par cette prise d’initiatives, par sa capacité d’adaptation, Galliéni déclencha en France un sursaut psychologique et cette opération devint symbole de force nationale.

Esprit de la Marne où es-tu ?

Aujourd’hui, nous cherchons désespérément le nouveau Joffre et le nouveau Galliéni lors de cette crise sanitaire pour intervenir sur le front de l’hôpital et de la médecine. Combativité, inventivité, adaptabilité, anticipation sont des qualités complètement absentes chez nos dirigeants. Ainsi depuis bientôt deux ans, notre pays se trouve à la merci d’un nombre de lits d’hôpital et le président de la République est devenu un simple gestionnaire de plan de charge ! Tétanisés par les contraintes normatives, par les conséquences juridiques de leurs actes, mais surtout par leurs potentielles non-réélections, nos dirigeants ne sont pas au niveau.

À aucun moment, on n’a impulsé vers la médecine une réorganisation totale pour faire face à cette crise. Pourtant, avec un minimum de culture historique, on pouvait se douter que cette crise du covid allait durer. La pandémie de la grippe espagnole a duré 3 ans et il y a 100 ans les échanges mondiaux étaient minimes comparés à aujourd’hui. Alors, combien de temps va durer cette crise du covid en pleine mondialisation des échanges ? Nul ne le sait, mais on ne peut pas continuer de diriger tout un pays en fonction d’un plan de charge de lits d’hôpital !

Confort intellectuel

Que les politiques et les autorités de santé sortent de leur confort intellectuel ! La stratégie du « tout vaccin » montre ses limites et on pouvait s’en douter sans être virologue avec du simple bon sens. On a même retiré la liberté de soigner et de prescrire aux médecins généralistes. En deux ans, les flots d’argent public distribués au nom du « quoi qu’il en coûte » auraient pu servir à rééquiper les hôpitaux et cliniques et à revaloriser le salaire des soignants. Le Ségur fut de la poudre macronienne aux yeux, comme à chaque fois que l’incompétence est démasquée. Il aurait fallu réorienter toute la médecine vers cette crise, en reconvertissant momentanément certaines spécialités de la médecine vers le « soin covid » : Médecins administratifs (ARS, prévention, travail…), chirurgiens esthétiques, étudiants, médecins nouvellement retraités auraient dû être formés à la médecine du covid ; en deux ans il y avait le temps ! Les infirmiers libéraux qui pour la plupart alternent semaine de travail et semaine de repos auraient pu être réquisitionnés 2 jours par mois pour prêter main forte à leurs collègues hospitaliers. Toute la filière scolaire « sanitaire et sociale » aurait pu fournir des aides-soignantes ! Les cliniques privées ont été et sont toujours sous-utilisées. Bien sûr pour récompenser ces professionnels il n’aurait pas fallu les sanctionner avec l’obligation vaccinale, mais les honorer, les gratifier en rehaussant leur salaire et en primant leur reconversion. C’est là qu’il fallait diriger le « quoiqu’il en coûte ».

Non, vraiment, l’esprit de combat n’habite pas nos dirigeants qui, au contraire, ont infusé le défaitisme et la peur à toute la population. Les esprits novateurs, optimistes, ont tous été réduits au silence. La seule trace du passé que nos gouvernants ont conservé, c’est l’esprit du sabordage : En 1942, l’État français sabordait sa Marine, ce quinquennat aura sabordé la Médecine.

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