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Arménie
Mère Arménie Abonnés

REPORTAGE. Donner la vie et la prendre ; voilà l’extrémité des pôles existentiels de quelques femmes arméniennes aux prises avec la roue de l’histoire. Ici tout s’improvise et rien ne s’apprivoise. Le droit international n’est plus qu’un concept et la mort, une ombre matérielle. Un récit de Talin Kortian, illustré par Gilles Bader.

Mère Arménie


L’œil chargé d’un pleur involontaire fumé par un trait de crayon Khôl ébène, Gayané fait tourner sa bague de fiançailles sur la gâchette d’une Kalachnikov qu’elle tient comme elle avait bercé son aîné qui a déjà trois ans et demi. Elle veut montrer la photo du petit et sort de sa main libre un smartphone à coque de licorne mauve. Le tableau pourrait être kitsch si cette enfant parlant de son enfant n’était pas devenue le soldat improvisé du théâtre d’une guerre sans spectacle ou plutôt sans spectateur. J’aimerais pouvoir vous dire que c’est au bout du monde ou que c’est une dystopie bien loin de notre espace-temps, mais non. Ici et maintenant. Aux portes de l’Europe. Dans une démocratie au christianisme ancestral en toile de fond.

La ...

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