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Rachat de la branche nucléaire d’Alstom : un bricolage électoraliste ? Abonnés

ARTICLE. Grand artisan de la vente des activités nucléaires d’Alstom à General Electric en 2014, Emmanuel Macron devrait annoncer leur rachat par EDF à Belfort cette semaine. Un bricolage coûteux pour réparer une erreur stratégique pourtant inconcevable.

Rachat de la branche nucléaire d’Alstom : un bricolage électoraliste ?


Le déplacement est prévu le 10 février à Belfort (Territoire de Belfort). Ce jeudi, Emmanuel Macron devrait annoncer le rachat en grande pompe de la branche nucléaire de General Electric par EDF. D’après l’Est Républicain, cette annonce devrait avoir lieu dans le cadre d’un discours sur le « volet énergie du programme France 2030 » qui devrait se tenir au sein même des locaux de General Electric Steam Power, alors que plane l’annonce d’une nouvelle candidature à la présidentielle pour le président sortant.

L’enjeu pour la France est de taille : récupérer sa souveraineté sur son industrie nucléaire. General Electric Belfort (GEAST) produit notamment les turbines Arabelle qui équipent près d’un tiers des centrales nucléaires dans le monde. Il vend également les plus grands alternateurs du monde. Le chef de l’État s’apprête donc à réparer son erreur coupable. C’était lui, alors ministre de l’Économie en 2014, qui avait été l’instigateur de cette vente, au grand dam du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg. L’un voulait vendre à la découpe Alstom alors en difficulté financière, l’autre proposait un rapprochement avec Siemens, avant de prôner en 2017 la nationalisation du groupe.

La vente justifiée par… l’écologie ?

Depuis, Emmanuel Macron est devenu président de la République. Frappé par la grâce du redressement industriel — du moins en apparence — il semble être devenu depuis 2020 le chantre d’une souveraineté retrouvée, nationale en partie, européenne surtout. EDF, pourtant mise en situation de précarité financière par la décision gouvernementale de vendre 20 TWh d’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) de plus en 2022, devrait récupérer cette activité. Connaissant des difficultés financières d’importance, General Electric s’est lancé dans une vague de cessions de ses actifs depuis 2019. Pour General Electric Belfort, elle a déjà bien entamé le travail : malgré sa promesse...

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Publié le 8 février 2022
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