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Emmanuel Macron
Macron à Moscou : le poids des mots, le choc des photos Abonnés

OPINION. Les visites télescopées de Joe Biden à Washington et de d’Emmanuel Macron à Moscou ont illustré à merveille le slogan de Paris Match. Récit croisé de deux rencontres diplomatiques lourdes en symboles;

Macron à Moscou : le poids des mots, le choc des photos


Le choc des photos : Peut-être poussé par un calcul électoral, Emmanuel Macron est allé rencontrer Vladimir Poutine au Kremlin. Dans le même temps, Joe Biden recevait Olaf Scholz à Washington. S’en sont suivi deux conférences de presse. À celle de Moscou, le président français trônait devant un drapeau français et un drapeau européen, le président russe était devant deux drapeaux russes.

À Washington, le drapeau européen était superbement absent, la seule bannière étoilée qui flottait était le drapeau américain. Biden et Scholz étaient tous deux devant un drapeau allemand et américain. Si Biden était allé en Californie, il se serait tenu devant un drapeau californien et américain…

À Moscou, le cérémonial était celui de deux chefs d’État indépendants, soucieux d’affirmer cette indépendance. Bien sûr, Macron, comme toujours, surjouait, et avait du coup l’air un peu surfait. N’empêche, il était là, comme Chirac l’aurait été, comme de Gaulle également. Même amateur, notre président a été fidèle à une certaine idée de la France héritée du Gaullisme et, en même temps (on ne se refait pas), une certaine idée de l’Europe héritée du Giscardisme.

Le poids des mots : Hors caméra, notre président n’a sans doute pas été si mauvais puisque Poutine a reconnu qu’il apportait des pistes de sortie de crise intéressantes. Les mots en conférence de presse étaient ceux de deux chefs d’État soucieux de dialoguer et d’expliquer leur point de vue. Bien sûr Poutine était plus pragmatique et Macron plus dans l’emphase, mais là encore on ne se refait pas ; Poutine s’est construit sur le tarmac gelé de Leningrad, Macron sur les planches chauffées du théâtre d’un lycée d’Amiens.

Le contraste des mots avec Washington était frappant. Il n’y avait pas deux chefs d’État soucieux de jouer/surjouer leur indépendance, mais un patron et son vassal. Questionné sur...

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