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Mali
Pierre-Yves Rougeyron : « Je me refuse à dire que nos soldats sont morts pour rien » Abonnés

ENTRETIEN. Ce 17 février, la France et ses partenaires occidentaux de la « task force » Takuba ont annoncé leur retrait conjoint et progressif du Mali, après neuf ans de présence française dans le pays. Ils resteront toutefois mobilisés dans le reste de la région sahélienne. Nous dressons le bilan avec le président du Cercle Aristote, Pierre-Yves Rougeyron.

Pierre-Yves Rougeyron : « Je me refuse à dire que nos soldats sont morts pour rien »


Front populaire : Ce retrait du Mali marque la deuxième réorganisation du dispositif Barkhane en moins de six mois. Emmanuel Macron a fait part plusieurs fois de sa volonté de transformer le dispositif en « task force » européenne, dite Takuba, pour « partager le fardeau » avec les partenaires européens. Est-ce dans l’intérêt de la France ? Et dans celui des pays du Sahel ?

Pierre-Yves Rougeyron : Les promesses d’aide militaire de pays dénués d’armées solides pour la plupart et dont aucune ne connait bien l’Afrique sauf pour y avoir pratiqué des massacres dans le temps (belge et allemands) ne valent pas grand-chose. Encore une fois Macron et les serviles diplomates du Quai entendent faire disparaître leur pays en le noyant dans l’euro-comptabilité. Cela n’a évidemment rien à voir avec l’intérêt des pays de la zone. Nous allons voir encore une fois des pseudo-forces multilatérales (UE) et des forces multilatérales inefficaces (ONU) perdre une face qu’elles n’ont même plus et de l’argent (le nôtre).

FP : En septembre, le Conseil national de transition (CNT) malien avait qualifié « d’abandon en plein vol » la décision prise par Emmanuel Macron. Ce sentiment d’être abandonné par la France peut-il expliquer l’hostilité du CNT à notre égard ?

PYR : Non, pas en soi. En fait nous n’avons jamais eu de partenaire malien et cela pour une raison simple. Le Mali est un non-pays, avant d'être un non-État. Cela a engendré une guerre où se mêlent Touaregs, Peuls, Bambaras et autres ethnies. Bernard Lugan, un des grands maîtres des études africaines, l’a exposé, re-exposé, écrit, annoncé et résumé sans être écouté. Comme beaucoup de pays de la zone, le Mali souffre de tensions multiséculaires entre ethnies.

Cela occasionne deux éléments majeurs : d’abord, les différents groupes de pouvoirs maliens attendaient que...

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