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La désintégration internationale de la France Abonnés

OPINION. Jadis puissance d’équilibre non alignée, la France peine aujourd’hui à se faire entendre sur la scène internationale, prisonnière du carcan otanien et de sa logique de blocs. Le conflit russo-ukrainien nous en fournit à nouveau une cruelle démonstration.

La désintégration internationale de la France


Ce qui se joue derrière le conflit ukrainien est la désintégration de la France comme acteur international.

Le coup de force russe va raviver les craintes légitimes des états de l'Est (Pologne, Estonie...), raffermir le poids de l'Otan sur le devenir du vieux continent.

Adieu les efforts français pour appeler la Pologne à relativiser le poids de l’Histoire et construire, avec nous, une nouvelle relation avec la Russie ! Ce discours, qui avait la vertu de s'appuyer sur un fait, rappelé à diverses reprises par le président Macron, comme en août 2019 devant nos ambassadeurs (« Le continent européen ne sera jamais stable, ne sera jamais en sécurité, si nous ne pacifions pas et ne clarifions pas nos relations avec la Russie »), était dur à attendre, bien que nécessaire pour bâtir une autonomie géostratégique plus grande pour l'Europe. Il va devenir purement et simplement inaudible.

Ce sera donc plus d’Otan, d'intégration atlantiste... ou toute autre chose.

Plus d'Otan, à horizon 2030, selon une étude du même nom, c’est une Europe qui sera entraînée « dans la lutte pour l’hégémonie mondiale qui s’annonce entre la Chine et les États-Unis » (1). C’est une Europe qui sera assujettie à un renfort « des pouvoirs délégués au secrétaire général » et à la diminution du pouvoir de « blocage d’un dossier par un unique pays ». Moins d’autonomie, plus de verticalité ; moins de Sahel ou de Moyen-Orient, plus de Pacifique.

Dans cette nouvelle configuration géopolitique, avec un « Occident » réifié sous la bannière Otan et un « Orient » sino-russe consolidé sur ses bases, le siège de la France au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies ne tiendra pas longtemps. La pression de nos alliés, qui nous supplieront de le remplacer par un siège « européen », c’est-à-dire...

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