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Les monnaies locales peuvent-elles relancer l'économie ? Abonnés

Les monnaies locales font concurrence aux monnaies officielles. Leur objectif : relocaliser l’économie, créer une cohésion collective et stimuler le pouvoir d’achat local. À l’aune de la crise financière et de la pandémie de coronavirus qui touchent tous les pays, qu’en penser? Échec ou succès? Caroline Pastorelli décrypte.

Les monnaies locales peuvent-elles relancer l'économie ?

Ce sont des systèmes monétaires parallèles mais complémentaires qui ont jailli dans notre histoire moderne après la crise de 1929. Abolir la barrière de l’argent. Proposer un mode de règlement en circuit fermé : voilà les objectifs de ces monnaies qui, aujourd’hui se parent d’une autre dimension : “Utiliser la monnaie locale est un acte citoyen” explique Nicolas Guilhard, kiné à la ville et en charge du réseau des professionnels de la monnaie du Cairn à Grenoble qui compte 2000 membres et 300 professionnels adhérents. “Redonner du sens à un acte de payer, c’est important. Cette monnaie n’ayant de valeur que sur le territoire, c’est comme un bâton de témoin que l’on se passe entre nous et qui garantit que l’on va faire vivre l’économie locale”.

Ces valeurs sont bien les fondements de l’utilisation d’une monnaie locale par tous ceux qui l’ont adoptée. Pierre Bentata est professeur d’économie et auteur d’un essai "Libérez-vous" (éd. de l'Observatoire). Le sujet des monnaies locales trouve, selon lui, un écho particulier aujourd’hui : “Les grands enseignements de cette crise du COVID-19 et du confinement que nous venons de vivre c’est que la société civile s’est débrouillée toute seule. Ce sont les citoyens qui ont volé au secours de l’état et du système de santé (en confectionnant des masques notamment). La société civile peut être fière de voir qu’elle est capable de se protéger toute seule et qu’elle n’a finalement pas besoin d’un état si présent”.

Faut-il alors s’extraire de la collectivité, dépités, et partir élever des chèvres dans le Larzac ? “Il ne faut pas en vouloir à l’État”  répond l’économiste, “il faut juste se libérer de l’idée que nous dépendons de lui à tous les niveaux. Nous avons vu qu’une organisation plus décentralisée, qui laisse place à plus d’initiatives locales existe”...

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