revue
Politique
L’illusion de la démocratie participative macronienne Abonnés

Alors qu’il ne jurait que par Jupiter en 2017, Emmanuel Macron se présente désormais en chef d’État « participatif » et promet que son nouveau quinquennat prendra la forme d’un « grand débat permanent ». Des paroles peu crédibles si l’on en juge par les « consultations citoyennes » qu’il a menées lors de son premier mandat, toutes aussi stériles et biaisées les unes que les autres.

L’illusion de la démocratie participative macronienne


Durant son premier quinquennat à l’Élysée, Emmanuel Macron fut un homme « en marche ». Sollicitant le mouvement perpétuel (celui de la start-up nation), il ne put résister à l’envie d’imprimer sa patte à la démocratie et à son fonctionnement. Aussi, quand lors de la campagne pour le premier tour de la présidentielle 2022, une lectrice du Parisien lui a reproché d’avoir systématiquement esquivé les joutes publiques proposées par ses onze adversaires, il s’est insurgé : « Je suis le Président qui a le plus débattu au cours de son mandat, j’ai fait des grands débats à gogo. »

Et à l’en croire, ce n’est qu’un début ! Car Emmanuel Macron s’engage à présent à ce que son nouveau quinquennat soit carrément un « grand débat permanent » avec, promis, moins de verticalité et plus d’échanges autour de sujets comme « l’école, la santé, la réforme institutionnelle ». Bref, un quinquennat où il s’emploiera, jure-t-il, à donner tout son sens à son slogan « Avec vous », choisi pour remplacer le « En marche » de 2017. Mais que recouvre un tel mot d’ordre ? L’opportune mise en place d’un formidable outil de concertation populaire ou un simulacre de démocratie participative ? L’expérience de ces cinq dernières années nous a appris la méfiance.

Gilets jaunes et grand débat

Hiver 2018. Des milliers de Français occupent les ronds-points, bloquent les péages et manifestent dans les villes. C’est la crise des Gilets jaunes, provoquée par la hausse annoncée de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Un élan de forte ampleur, jamais vu depuis mai-68, avec son lot de violences et de répressions policières. Mais surtout, un élan parti de loin, de la France rurale et périphérique, cette France pour qui le pouvoir d’achat n’est pas qu’un slogan politique, mais une véritable nécessité. Face à cette colère populaire qui gronde et se rapproche dangereusement...

Contenu réservé aux abonnés

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

commentaireCommenter

Vous aimerez aussi

La démocratie au péril de la démondialisation
La démocratie au péril de la démondialisation Abonnés

Alors que l’on s'est longtemps plu à croire que l’économie était enchâssée dans la démocratie, nous avons découvert qu’en réalité, au travers de la mondialisation, c’était bien souvent la démocratie qui était enchâssée dans l’économie. Mais la mondialisation est-elle la seule en cause ? Le problème n’est-il pas plus profondément enraciné dans les mythes du libéralisme ?

1 commentaire
« Avec le système des parrainages, on a renoncé à la démocratie au nom de la transparence. »
« Avec le système des parrainages, on a renoncé à la démocratie au nom de la transparence. » Abonnés

En France, tout candidat à l’élection présidentielle doit, s’il veut être officiellement autorisé à faire campagne, s’assurer de la « présentation » d'au moins 500 élus locaux. Nous avons demandé à l’un de nos plus grands constitutionnalistes de retracer l’histoire de cette procédure aux règles toujours plus complexes et aux effets toujours plus pervers.

0 commentaire
L’avenir de la démocratie dépend de celui du climat
L’avenir de la démocratie dépend de celui du climat Abonnés

La démocratie libérale et représentative, qui régit la plupart des pays industrialisés, n’est-elle pas vouée à être remise en cause par la révolution technologique et la transition écologique en cours ? Pour Antoine Buéno, deux scénarios se dessinent à l’horizon : soit « la fin de l’Histoire », soit l’instauration de régimes illibéraux placés sous le signe de la défense de l’identité et de l’urgence climatique.

7 commentaires