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2022-2027 le chant du cygne du bloc élitaire Abonnés

Réélu avec un score confortable en avril dernier, Emmanuel Macron n’est en réalité soutenu que par une minorité de Français. Barbara Lefebvre analyse cette situation intenable, qui ne peut selon elle que conduire à un réveil politique du peuple.

2022-2027 le chant du cygne du bloc élitaire


Depuis plus d’une décennie, politologues et journalistes, enquêtes et baromètres d’opinion viennent régulièrement décrire le scepticisme des Français à l’égard de leurs dirigeants nationaux, de leurs élus locaux et de leurs représentants au Parlement européen. Notre personnel politique est ainsi frappé d’une défiance qui ne cesse de croître au fil des scrutins, au rythme des crises. Certains commentateurs vont jusqu'à poser l’équation suivante : défiance = dépolitisation. On les entend dire que des masses considérables de citoyens électeurs sont entrées en sécession, soit à travers l'abstention, soit à travers ce qui serait un vote « protestataire ». Et hors période électorale, lorsque la contestation s'exprime par des mouvements sociaux, le système politico-médiatique se met immédiatement en marche pour les disqualifier en raison de leur supposée incapacité à se structurer de façon à être entendus par le système, ou au motif que les modes de révolte choisis peuvent conduire à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Malgré un quinquennat de crises en tous genres (affaires politico-judiciaires étouffées, mouvement des Gilets jaunes, manifestations contre la réforme des retraites, crise sanitaire, guerre russo-ukrainienne) qui a épuisé les forces de la nation, a monté les Français les uns contre les autres et a exacerbé des peurs construites par la machine communicante macroniste, le fait qu’un peuple-électeur adresse plus de 60% des suffrages vers des candidats antisystème (de gauche et de droite) interroge. Peut-on vraiment parler de citoyens dépolitisés ? N’ont-ils pas exprimé au contraire une aspiration au changement qui est le signe d’une grande vitalité démocratique, d'une espérance politique de changement radical ? C’est d’ailleurs ce que semblent avoir compris Marine Le Pen (qui parlait au soir du 24 avril dernier « d’éclatante victoire ») et Jean-Luc Mélenchon (qui pense se hisser jusqu’à Matignon grâce aux législatives). L’une et l’autre sont en réalité les vainqueurs de cette élection présidentielle. Même...

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