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Économie
Le mur de l’argent n’a jamais été aussi élevé Abonnés

Grâce à l’idéologie néolibérale qui règne partout en Occident, les grands groupes capitalistes et la finance n’ont jamais eu autant de pouvoir qu’aujourd’hui. Si l’on ne s’attaque pas à ce problème de fond, il est vain d’espérer que la démocratie survive, s’inquiète le président du mouvement République souveraine, qui plaide pour une troisième voie gaullienne.

Le mur de l’argent n’a jamais été aussi élevé


Depuis quelques semaines, la démocratie est sur toutes les lèvres. Dans les pages internationales des journaux, la guerre en l’Ukraine a fait ressurgir la rhétorique de l’affrontement entre monde libre et monde totalitaire, le bloc démocratique occidental étant désormais en conflit ouvert avec le dictateur Poutine et ses alliés autoritaires chinois et biélorusses. Sur le plan intérieur, en France, l'élection présidentielle a ravivé ou tenté de raviver, comme tous les cinq ans, la mystique du vote, acte démocratique par excellence.

Pourtant, jamais la démocratie n'a semblé plus exsangue. À l'échelle du monde, le concept est écorné par les guerres américaines qui ont semé la destruction aux quatre coins de la planète, sous prétexte d'y apporter la liberté, et par des décennies de libre-échange qui ont perpétué, en toute mauvaise foi, le rapport colonial aux pays du tiers-monde. On en mesure la conséquence lorsqu'on voit le discrédit dont pâtit désormais l'Occident sur le continent africain. La montée du vote populiste et protestataire dans un nombre croissant de pays européens (Hongrie, Autriche, Pologne), mais aussi aux États-Unis où Donald Trump est en train de doubler Joe Biden dans les sondages, atteste, elle aussi, du fléchissement de la capacité mobilisatrice de l'idée de démocratie. À l'échelle nationale également, la flamme démocratique ne cesse de s'essouffler : après avoir battu des records aux élections régionales et municipales, l'abstention est en hausse même pour la présidentielle, reine des scrutins.

Fatigue démocratique

Le malaise est profond et n’échappe à personne. Les livres et les articles se multiplient sur la « fatigue démocratique » et les moyens de lutter contre elle1. En France, on dénonce habituellement le fonctionnement de la Ve République – trop présidentielle sinon monarchique, elle dévitaliserait la démocratie en décourageant la participation citoyenne – et la déconnexion des élites politiques, formées dans le moule de l’ENA, des « vraies gens ». Pour y remédier,...

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