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Audiovisuel français, un pluralisme à géométrie variable Abonnés

Les programmes de la télévision et de la radio françaises représentent-ils de façon équitable la diversité politique et sociale de notre pays ? Chiffres à l'appui, Bertrand Guyot montre qu'on est loin du compte, y compris sur les chaînes du service public, censées pourtant être exemplaires.

Audiovisuel français, un pluralisme à géométrie variable


Prière de ne pas cacher ces opinions que vous ne sauriez voir. C'est peu ou prou ce à quoi se résume la mise en demeure qui a été adressée le 3 décembre dernier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) à CNews. Motif de la réclamation : entre le 1er octobre et le 15 novembre 2021, la chaîne d’information continue de Vincent Bolloré a diffusé l’essentiel des interventions du gouvernement et de La France insoumise (LFI) entre 0 h et 5 h 59 ! Une manière pour le moins baroque, qui évoque un peu cette vilaine poussière que l’on glisse sous un tapis, de respecter les règles d’équité en vigueur à la télévision française. Seulement, le gendarme de l’audiovisuel a fini par trouver la ruse un peu grossière et a estimé que les obligations de CNews ne sauraient « être regardées comme remplies si les interventions de l’exécutif et des partis et groupements politiques étaient essentiellement diffusées au sein des programmes de nuit, à des heures où l’audience est très faible ».

Si CNews manifeste presque une pudeur de gazelle dans sa manière de mépriser le pluralisme, d’autres ont moins de scrupules. En 2010, Laurent Ruquier se flattait ainsi de ne pas accueillir Marine Le Pen dans son émission On n’est pas couché sur France 2 : « Tant que rien ne m’y oblige, je choisis les invités politiques que je reçois comme bon me semble », justifiait-il dans Le Point en décembre 2010, avant d’ajouter : « Je ne souhaite pas livrer mon audience aux idées du Front national (…) C’est ma vision du service public. » Plus récemment, un autre animateur vedette de la deuxième chaîne, Michel Drucker, expliquait quant à lui pourquoi il n’avait jamais convié sur le canapé de Vivement dimanche la dirigeante du Rassemblement national...

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