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"Une médecine rongée par le centralisme parisien" : l'interview de Didier Raoult

L’interview de Didier Raoult par Zeina Trad

Les derniers mois ont révélé toutes les lourdeurs et les failles de notre système médical : entre l’hyperadministration des hôpitaux, la lenteur des décisions politiques, le manque de personnel soignant, l’effondrement de notre système de recherche, les guerres entre mandarins de l’université ou l’influence des lobbies pharmaceutiques, le bilan est décidément terrible. Alors que la France dépense davantage que quasiment tous les autres pays pour les soins, nous bénéficions d’un service de santé et de recherche chancelant, chaotique et normatif qui semble incapable de libérer la créativité des médecins. Le professeur Didier Raoult nous livre son analyse sans concession du mal-être médical français.

"Une médecine rongée par le centralisme parisien" : l'interview de Didier Raoult


F.P. : On a pu constater beaucoup de flottement dans la gestion de la crise sanitaire en France, à tel point que la plupart des malades ne pouvaient même pas bénéficier d’un traitement. Comment l’expliquer ? Faut-il y voir le poids du lobbying pharmaceutique ?

Didier Raoult : Ce n’est pas spécifique à la France. Nous épousons un modèle de développement médical basé sur une créativité médicamenteuse qui a commencé il y a un siècle et demi et qui a donné jusqu’au XXIe siècle des résultats spectaculaires, comme une augmentation de l’espérance de vie et une diminution de la mortalité infantile très significatives. Nous sommes passés depuis le XIXe siècle d’une espérance de vie aussi faible qu’à l’époque romaine à une espérance de vie très élev...

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