revue
mondialisation
Le soft power mondial de George Soros Abonnés

S’il est un homme qui incarne mieux qu’aucun autre la connivence de l’État profond, de la gouvernance mondiale et des grands intérêts financiers, c’est bien George Soros. Milliardaire américain d’origine hongroise, il a fait fortune en spéculant sur les devises et les actions, provoquant notamment une grave crise monétaire au Royaume-Uni après avoir parié à la baisse sur la livre sterling, en 1992. Ce financier sans scrupule n’en est pas moins un « philanthrope » qui investit des sommes colossales pour défendre ses idées politiques : ouverture tous azimuts des frontières, libération des mœurs, primauté des droits individuels sur les devoirs collectifs, etc.

Le soft power mondial de George Soros


Qu’il s’agisse de Victor Orban, Donald Trump, Vladimir Poutine ou Xi Jinping, tous considèrent George Soros comme une menace pour la sécurité de leur pays. Qui est ce « chef d’État sans État », comme il aime lui-même se définir, qui inquiète certains des plus puissants dirigeants politiques mondiaux ? Certains commentateurs le réduisent à son activité de spéculation et à ses affaires florissantes, d’autres le considèrent comme un philanthrope bienveillant, un progressiste radical qui, grâce à son immense fortune, finance de nobles causes.

La réalité est plus nuancée. George Soros est un pragmatique qui met sa fortune au service d’un idéal de société tout en s’enrichissant au prix de contradictions entre ce qu’il promeut et ce qu’il fait. Son rêve : une société mondiale régie selon les principes de l’Open Society, concept développé par le philosophe Karl Popper et que Soros a fait sien, qui consiste à mettre en place une société non autoritaire, basée sur la liberté et les droits de l’homme comprenant des mécanismes politiques transparents et où l’économie de marché peut s’épanouir.

En pratique, la mise en place de l’Open Society résulte de l’aboutissement de deux processus majeurs que George Soros finance et encourage :

- L’affaiblissement de l’État-nation en le privant de pans entiers de sa souveraineté.

- L’instauration de sociétés multiculturelles et communautaires.

Pour atteindre ses objectifs, le milliardaire a mis en place un des dispositifs d’influence les plus puissants et les plus redoutables qui soit, dont le centre de gravité visible est l’Open Society Foundations (OSF). Afin d’orienter les opinions publiques et l’environnement politique dans un sens conforme à ses opinions et favorable à ses intérêts, il recourt à quatre leviers principaux : les médias comme vecteurs d’opinion, les mouvements citoyens comme supports d’action, les ONG comme catalyseurs du changement et les institutions...

Contenu réservé aux abonnés

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

commentaireCommenter

Vous aimerez aussi

La démocratie au péril de la démondialisation
La démocratie au péril de la démondialisation Abonnés

Alors que l’on s'est longtemps plu à croire que l’économie était enchâssée dans la démocratie, nous avons découvert qu’en réalité, au travers de la mondialisation, c’était bien souvent la démocratie qui était enchâssée dans l’économie. Mais la mondialisation est-elle la seule en cause ? Le problème n’est-il pas plus profondément enraciné dans les mythes du libéralisme ?

1 commentaire
« Avec le système des parrainages, on a renoncé à la démocratie au nom de la transparence. »
« Avec le système des parrainages, on a renoncé à la démocratie au nom de la transparence. » Abonnés

En France, tout candidat à l’élection présidentielle doit, s’il veut être officiellement autorisé à faire campagne, s’assurer de la « présentation » d'au moins 500 élus locaux. Nous avons demandé à l’un de nos plus grands constitutionnalistes de retracer l’histoire de cette procédure aux règles toujours plus complexes et aux effets toujours plus pervers.

0 commentaire
L’avenir de la démocratie dépend de celui du climat
L’avenir de la démocratie dépend de celui du climat Abonnés

La démocratie libérale et représentative, qui régit la plupart des pays industrialisés, n’est-elle pas vouée à être remise en cause par la révolution technologique et la transition écologique en cours ? Pour Antoine Buéno, deux scénarios se dessinent à l’horizon : soit « la fin de l’Histoire », soit l’instauration de régimes illibéraux placés sous le signe de la défense de l’identité et de l’urgence climatique.

7 commentaires