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Le jour d’après, comment éviter la partition Abonnés

Les milliards engouffrés dans les quartiers n’ont pas empêché le fiasco complet de la politique de la ville depuis quarante ans. Les fameux territoires perdus de la République n’ont cessé de s’étendre et les fractures de se creuser. Changer de paradigme est indispensable. La mise sous tutelle temporaire de l’État, la maîtrise des flux de population, l’abandon des particularismes pour l’assimilation, la punition du clientélisme, la refonte de l’école pour une meilleure transmission de la culture et de l’histoire, le retour du Service national sont devenus des urgences pour éviter la partition annoncée. La reprise en main des quartiers au Danemark ouvre à cet égard d’intéressantes perspectives.

Le jour d’après, comment éviter la partition

En plein confinement, il aura suffi d’une étincelle pour que le spectre des émeutes de 2005 resurgisse. Tout a commencé le 18 avril au soir à Villeneuve-la-Garenne, avec la collision entre une moto et une voiture de police banalisée. Le motard est un multirécidiviste sous contrôle judiciaire circulant sans casque sur un véhicule non homologué. L’homme, d’une trentaine d’années, a heurté la portière au moment où un agent sortait du véhicule et s’est fracturé la jambe lors de la chute. Les fonctionnaires se sont aussitôt portés à son secours. Mais pour une partie de la jeunesse des banlieues, peu importe les faits : le chauffard est une victime des violences policières et le prétexte tout trouvé pour mettre le feu. Le soir même, dans la cité HLM La Caravelle, la violence éclate. Des voitures sont brûlées, des pompiers pris en guet-apens, des policiers visés par des tirs de mortier et jets de projectile, un commissariat attaqué. Sur Twitter, le militant indigéniste Taha Bouhafs souffle sur les braises : « La banlieue s’embrase, l’histoire se répète, l’explosion n’est vraiment pas loin cette fois. » Durant une semaine, l’incendie se propage dans les villes voisines, Rueil-Malmaison, Suresnes, Aulnay-sous-Bois, Grigny, Gennevilliers, la Courneuve et Nanterre. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, autrefois impitoyable avec les Gilets jaunes, tente de relativiser et d’excuser en évoquant « la dureté du confinement pour ces jeunes gens ».

En réalité, ce genre d’événements est devenu tristement banal depuis de longues années. « Des scènes de violences ou d’émeutes urbaines à La Caravelle, j’en connais depuis que j’ai quatre ou cinq ans, assure Sami Sellami, un historique du quartier. C’est un phénomène qui revient malheureusement tous les deux ou trois ans. » Le confinement est moins la cause du désordre que l’ultime révélateur d’une réalité que plus personne...

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