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À la planche quatre de l’album SOS Météores, cinquième aventure de Blake & Mortimer, un taxi parisien manque se faire percuter par un autocar du SHAPE (Supreme Headquarters Allied Powers Europe), alors installé à Rocquencourt près de Versailles, et se fait insulter par le chauffeur : « You, Silly Ass ! — Va donc, hé, Amerloque ! », rétorque le Français. Ces petits plaisirs interculturels dont nous avait privés le général de Gaulle en décidant en 1966 de déloger les troupes américaines, nous allons les retrouver. Déjà lors de l’été 2020, l’équivalent d’une brigade a traversé la France dans le cadre d’un redéploiement de cette OTAN dans laquelle nous sommes revenus.

L’OTAN signifie Organisation du traité de l’Atlantique nord et date de 1949. Les Européens espéraient cet accord, les Français en particulier, pour éviter la prochaine fois — sous-entendu : lors de la prochaine guerre – d’avoir à attendre trois ans l’Oncle Sam. Les Américains, qui fuient les alliances contraignantes, se laissèrent convaincre tout en exigeant que l’article 5 du traité impose de prendre des mesures de solidarité seulement en cas d’agression, et dont chaque signataire reste juge. S’il n’y avait pas eu ce caractère optionnel, le Congrès américain n’aurait pas ratifié le traité. Mais une telle situation rassurait le vieux continent et permettait à ses armées de se rééquiper à moindre coût, soit en achetant du matériel américain sur étagère, soit en se faisant financer des programmes de recherche et d’équipement, surtout dans le domaine aéronautique. Ensuite, les camarades Korolev et Sakharov développèrent des fusées et des bombes qui mettaient le territoire américain à portée des armes soviétiques. Les États-Unis nous imposèrent alors la doctrine de riposte graduée : on commencera par faire la guerre chez vous, disaient-ils, puis on avisera. Les Français, déjà échaudés en 1956 par l’affaire...

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