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La Vendée plébéienne : une insurrection venue de province Abonnés

Il est souvent admis que la guerre de Vendée opposa, entre 1793 et 1796, les républicains aux royalistes. Étroitement lié à la chouannerie, cet épisode historique marqua la révolte de toute une province contre les excès du centralisme jacobin. Mais on oublie trop souvent qu’avant de retomber sous le giron des aristocrates et du clergé, la fronde vendéenne fut une authentique insurrection populaire, qui s’inscrivait dans le droit fil des jacqueries paysannes — une tradition politique typiquement hexagonale.

La Vendée plébéienne : une insurrection venue de province


Le génie français s’apprécie à la hauteur des créations, des inventions, des innovations que le peuple est capable de mettre en œuvre. Mais il réside aussi dans la capacité de ce peuple à refuser, à résister, à se rebeller lorsque le pouvoir, se croyant omnipotent, le prive de liberté. Un des multiples exemples pouvant illustrer la rébellion contre les décisions parisiennes est celui de l’insurrection vendéenne de 1793.

CENTRALISME ET JACOBINISME

Le centralisme n’est pas né avec le jacobinisme. Il fut l’objectif constant de la dynastie capétienne. Au début du XIIIe siècle, Philippe II Auguste, soit par la force soit par l’intrigue, reprit les provinces autonomes situées au nord et à l’ouest de son royaume. Le Poitou, l’Aunis, la Saintonge, le Périgord, mais aussi l’Anjou, le Maine et la Normandie passèrent sous domination capétienne. Louis IX lança une croisade contre l’Occitanie. Montségur, dernière place forte des Cathares, tomba en 1244. À partir de ces événements, le pouvoir capétien imposa ses normes politiques, économiques, religieuses, culturelles, contrôlant et verrouillant l’ensemble de son territoire.

Alors que la Révolution de 1789 — applaudie par toutes les provinces comme signe de la disparition de l’arbitraire monarchique — pouvait mettre en place le fédéralisme, porté par la Gironde, la Montagne accoucha d’un monstre. Robespierre supplanta Condorcet. Et, de nouveau, comme sous l’Ancien Régime, Paris écrasa la province.

Au printemps 1793, l’insurrection de la Vendée — qui toucha, aussi, trois départements limitrophes — signait la première grande rébellion provinciale contre le nouvel absolutisme des jacobins. Pour disqualifier ce soulèvement puissant et populaire, tous les moyens furent utilisés. Ce fut, tout d’abord, la terreur des armées envoyées détruire les bataillons de paysans. Comme il fallait punir plus durement encore les révoltés, afin qu’ils ne sèment pas leurs idées sur les terres voisines, les colonnes infernales de Turreau,...

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