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Un pape contre les frontières et contre l'Occident Abonnés

Le 3 octobre dernier, le pape François publiait l’encyclique Fratelli tutti (en français « Tous frères »), dans laquelle il plaide pour l’accueil illimité des migrants. Pour la philosophe catholique Chantal Delsol, cette morale éthérée trahit un certain ressentiment envers l’Europe, doublé d’un goût coupable pour les idéologies postchrétiennes.

Un pape contre les frontières et contre l'Occident

Une encyclique ne prétend pas au titre de dogme. C’est un texte ancré dans une histoire et rédigé, ou en tout cas commandé et corrigé, par une personne singulière, avec ses préférences et ses choix personnels. Le pape François vient d’Amérique latine et trouve là beaucoup de ses sources d’inspiration, ce qui est bien naturel. Contrairement à son prédécesseur Benoît XVI, il comprend et prend à son compte bien des positions postmodernes. Cette attitude conceptuelle lui permet à la fois de se solidariser avec les générations présentes, et l’empêche de saisir toujours la mentalité présente, parce qu’il lui est trop intégré, sans distance.

Dans l’encyclique Fratelli tutti, le pape François rappelle des affirmations essentielles du magistère de l’Église. Il est d’usage pour une encyclique d’insister sur les exigences qui risquent au moment même de se voir mises à mal en raison des circonstances. La question cruciale des migrations exigeait de rappeler que nous sommes tous frères.

La religion catholique est associée à une morale, comme d’ailleurs toutes les religions dites secondaires, qui ne se contente pas d’exiger des rites, mais énonce des normes. À cet égard, c’est bien le rôle d’un pape de réaffirmer encore et toujours la morale contenue dans l’Évangile. C’est son rôle de la décrire et d’y encourager. Pour les catholiques, la vie éternelle est déjà commencée : nous pouvons en trouver un arrière-goût, ici-bas, par un comportement éthique. Il est donc naturel que le pape fasse de la pastorale et rappelle les règles morales du magistère. Comme le sujet l’exige, il part de la parabole du bon Samaritain qui met en avant une fraternité hors les murs, étendue à tous les humains quelle que soit leur appartenance. La notion d’amitié sociale est ancienne et avait été évoquée par Aristote, les Chrétiens peuvent l’appeler « charité...

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