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Sécurité
La sécurité : un débat à clarifier, un droit à reconquérir Abonnés

C’est un truisme que de dire que la sécurité sera un des enjeux majeurs des élections de 2022 ; tous les sondages d’opinion le montrent. A droite, on aura tendance à exagérer, voire à instrumentaliser les problèmes qui en relèvent ; à gauche, on aura tendance à les minimiser, sinon à les nier. Cette dichotomie, digne des chamailleries de cours de récréation, dénote la volonté de conforter des électorats particuliers plutôt que de se pencher sur le sujet dans sa globalité, dans l’intérêt des Français.

La sécurité : un débat à clarifier, un droit à reconquérir

Mais de quoi parlera-t-on au juste ? Dans toute société, quels que soient les termes en usage, la question se décompose en deux : la « sécurité » à strictement parler, c’est-à-dire la garantie de vivre à l’abri du danger et des agressions, assurée par des forces de l’ordre (police et gendarmerie) ; et la « sûreté », c’est-à-dire la garantie d’être protégé contre l'arbitraire du pouvoir. Si la sécurité a préoccupé les collectifs humains depuis la nuit des temps, la sûreté représente, en Occident, un long combat initié au début du XIIIe siècle, qui fut central pour le courant des Lumières. Depuis l’avènement de la République, les individus ne sont plus des sujets soumis au bon vouloir du monarque, mais des citoyens disposant de droits que le pouvoir doit respecter.

Sécurité et sûreté vont de pair, bien qu’on l’oublie trop souvent au gré des orientations politiques des uns et des autres. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 – un texte aussi concis que limpide, dont les dix-sept articles semblent intemporels – n’emploie, certes, que le mot « sûreté », mais elle mentionne également la nécessité, pour la société, de se doter d’une « force publique » pour assurer les droits de chacun de ses membres, force qui sera chargée d’assurer la sécurité des citoyens sans empiéter sur leur sûreté. L’article 7 de la Déclaration montre brillamment cette articulation en affirmant ce que la droite oublie dans ses schémas exclusivement répressifs : « Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis » ; mais aussi ce que la gauche refoule dans ses schémas excessivement compréhensifs de la délinquance : « tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable...

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