opinionspolitique

2027, un carnet de campagne – épisode 8 : du désordre nihiliste, ou chronique du golem devenu incontrôlable

CONTRIBUTION / OPINION. Chaque semaine jusqu'à l'élection présidentielle de 2027, notre contributeur propose son regard sur l'actualité politique. Huitième semaine : une semaine de chaos et de petits candidats qui montent…

carnet-campagne
© Anton Karliner/SIPA


J’avoue que je voulais consacrer le billet de la semaine à quelques petits candidats coups de cœur, qui méritaient un peu d’éclairage pour le vent de fraîcheur qu’ils apportent à la campagne présidentielle. David Lisnard d’abord, auteur d’une belle percée dans les sondages, et candidat porté par un (léger) frisson à droite. Dans le dernier sondage IFOP-Fiducial, pour la première fois testé, il passe devant Retailleau, devant Attal, il confirme l’enthousiasme que suscite sa campagne (derrière son désormais fameux « il se passe quelque chose » devenu (un peu) viral). Il contraste à droite, on aime qu’il ne soit pas un homme d’appareil, qu’il n’ait jamais trempé dans la sauce macronienne, les Français aiment leurs maires, or il est le patron des maires, son travail à Cannes est largement salué par ses administrés. Il représente le camp libéral, on comprend (et on apprécie) qu’il en est la version pompidolienne, sympathique et raisonnable, un peu libertaire, pas la version néo-libérale qui s’est imposée depuis le virage des années 80. Son franc parler contraste avec les candidats communicants tièdes, aux formules aussi convenues que leur expérience de terrain est inexistante. Dans une France jacobine, il représente à sa manière une façon d’être girondin. Des « petits » candidats, il est celui qui perce le plus ; déjà on prédit que Retailleau (lui ne perce absolument pas) jettera sous peu l’éponge pour se rallier au candidat de Nouvelle Énergie.

Semaine dernière toujours, Natacha Polony s’est déclarée elle aussi candidate. J’avoue être un lecteur assidu de la désormais candidate : ses éditos dans Marianne comme ses travaux sur l’éducation, sur la souveraineté, sur l’Union européenne ont souvent sonné très juste. Polony est une candidate-symbole : elle fut naguère candidate chevènementiste, Montebourg à gauche lui a donné rapidement son quitus, elle a toujours fasciné à droite, notamment chez les nostalgiques du gaullisme....

Vous aimerez aussi