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Des désillusions du Brexit aux illusions du Frexit

16/11/2022

OPINION. Quitter l’Union européenne ou combattre l’institution de l’intérieur : notre lecteur a choisi la seconde option, qu’il estime moins défavorable aux intérêts français dans le contexte actuel.

Des désillusions du Brexit aux illusions du Frexit


Le miracle économique du Brexit se fait toujours attendre, mais l’unité du pays est menacée. Ceux tentés de sauter sur leur chaise comme un cabri en disant « Frexit ! Frexit ! Frexit ! » peuvent-ils entendre que pour se défaire des critères de Maastricht, il aurait mieux valu les respecter ?

Léonard de Vinci considérait que bien piètre est l’élève qui ne dépasse pas un jour le maître. C’était certainement le sentiment de Margaret Thatcher observant Boris Johnson, alors Premier ministre, se débattre avec la mise en œuvre du Brexit entre deux scandales personnels. Thatcher abhorrait l’Europe profondément, contrairement à Johnson, fils d’eurocrate, qui derrière ses rodomontades s’en fiche un peu. Elle avait une détestation sans nom pour Jacques Delors qui chargea malicieusement un commissaire britannique, Lord Cockfield, de la mise en œuvre zélée du marché unique et de ses 285 directives d’harmonisation. Elle se battait contre le socialisme qu’elle voyait revenir dans un perfide jeu de mots par le « back Delors » (pour « back door ») de Bruxelles.

Mais elle avait compris une chose : il est plus facile de combattre une structure de l’intérieur que de l’extérieur. Elle ne proposa jamais d’en sortir. Elle obtint donc tout ce qu’elle put, des rabais à ses contributions dès 1984 (que la France paya pour l’essentiel) aux exemptions en tout genre. Elle inventa « l’Europe à la carte » et substitua pour son pays, à peine onze ans après y être entré, le principe du « juste retour » à la solidarité européenne.

Tony Blair, plus thatchérien que Johnson à certains égards, finissait de pourrir l’Union de l’intérieur en soutenant massivement les élargissements de 2004 et 2007, douze pays dont la plupart étaient ravagés par quarante-cinq ans de cachot soviétique, incapables, comme l’avenir le montrera, de suivre...

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