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Énergie : l’implacable réquisitoire d’Henri Proglio, ex-président d’EDF

15/12/2022

ARTICLE. Interrogé en commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la politique énergétique, l’ancien patron d’EDF a sorti l’artillerie lourde pour dénoncer les nombreuses mauvaises décisions politiques et l’influence délétère de l’Allemagne sur la politique française.

Énergie : l’implacable réquisitoire d’Henri Proglio, ex-président d’EDF


Soit Henri Proglio était dans un mauvais jour, soit il en avait gros sur le cœur en entrant dans la salle. Le mardi 13 décembre, l’ancien patron d’EDF (entre 2009 et 2014) était auditionné par la commission d’enquête sur la souveraineté et l’indépendance énergétique de la France. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien dirigeant, désormais âgé de 73 ans, n’est pas un amateur de langue de bois. Ses cibles de prédilection : l’Allemagne, l’Arenh (Accès régulé à l’Électricité nucléaire historique, instauré en 2010), les énergies renouvelables, l’Europe… Toutes ont passé un mauvais quart d’heure à l’Assemblée ce jour-là.

Honneur à notre voisin européen. Bien qu’Angela Merkel ait programmé l’arrêt définitif du nucléaire civil allemand quelques semaines après la catastrophe de Fukushima au Japon, elle ne l’aurait fait que pour retirer des gains politiques, apprend-on. L’ancienne chancelière aurait confié à Henri Proglio, lors d’un dîner à Hanovre, être une « femme d’Allemagne de l’Est, une scientifique » croyant aux bienfaits du nucléaire. Elle aurait tué cette source d’énergie dans le but de signer un « accord de coalition avec les Verts conservateurs allemands ». En outre, Merkel aurait entamé l’accélération définitive de l’Energiewende, la transition énergétique allemande qui prévoyait la fin du nucléaire civil en 2022. Un mode de fonctionnement court-termiste qui n’est pas sans rappeler la politique de François Hollande par la suite.

Sauf que cette décision, lourde de sens, l’a également été de conséquences. « La transition allemande s’est transformée en catastrophe absolue » et « les énergéticiens Allemands » se sont retrouvés « à la ramasse totale ». L’ancien PDG s’anime alors : « Comment voulez-vous que ce pays qui a fondé sa richesse sur son industrie accepte que la France dispose d’un outil compétitif aussi puissant qu’EDF ? » L’objectif de l’Allemagne...

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