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Fédéralisme européen : le projet fou de Bruno Le Maire

ARTICLE. Dans son « manifeste pour une autre France », l’ancien ministre de l’Économie d’Emmanuel Macron dessine les contours de son rêve d'Europe du futur, fédéraliste et réduite à six États.

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Franck Derouda/SIPA


Bruno le Maire est germanophile de longue date, c’est entendu. Bruno le Maire est un amoureux transi du fédéralisme européen, c’est déjà moins connu. En 2016, celui qui participait à la primaire des Républicains pour l’élection présidentielle l’année suivante n’avait pas fait de l’Union européenne l’un des thèmes majeurs de sa campagne. En 2026, celui qui n’est pas officiellement candidat semble tout de même y penser le soir en se rasant. Le 23 août, il a publié son « manifeste pour une autre France » où il dévoile les contours de son Europe utopique. Celle-ci sera fédérale ou ne sera pas.

Dans son chapitre consacré à la souveraineté, il n’est nulle part fait mention d’une quelconque velléité d’indépendance française. Au contraire Bruno le Maire préfère fustiger ce « nationalisme » qui serait un « vent mauvais dominant en Europe ». Il aurait grandi sur le sol fertile des échecs européens : « L’incapacité à contrôler les frontières, le retard sur la révolution technologique numérique, la faiblesse de la croissance, la désindustrialisation qui (…) le relativisme culturel, la faiblesse militaire. »


Bienvenue à la fédération d’États-nations à 6


L’ancien ministre macroniste considère que les Européens vivent « encore avec des écailles épaisses sur nos paupières, qui nous interdisent de voir les monstres qui marchent contre nous ». Des écailles qui nous empêchent d’observer les ravages des ingérences chinoises sur notre sol. Quant aux États-Unis, ils « ne sont plus nos alliés indéfectibles et sont désormais prêts à porter atteinte à nos intérêts fondamentaux ». Nous serions bien tentés de rappeler que cette ingérence américaine ne date pas de l’élection de Donald Trump. Et nous conseillerions à Bruno le Maire d’écarter les écailles qui l’empêchent manifestement d’attribuer le qualificatif de « monstre » à la Commission européenne, quand bien même celle-ci a œuvré méthodiquement contre les...

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