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Philippe Grégoire : « On sacrifie l’agriculture comme on a sacrifié notre industrie »

ENTRETIEN. La 32e édition du Sommet de l’élevage a fermé ses portes le 6 octobre après trois jours d’ouverture. Lors de sa visite, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Marc Fesneau a témoigné son soutien aux éleveurs. Philippe Grégoire, lui-même éleveur dans le Maine, a tenu à réagir aux propos du ministre, et regrette les nombreuses incohérences dans son discours.

Philippe Grégoire : « On sacrifie l’agriculture comme on a sacrifié notre industrie »


Front Populaire : « L’objectif est de reconquérir notre souveraineté alimentaire qu’on a perdue depuis des dizaines d’années », a affirmé le ministre de l'Agriculture devant la presse, avant de rappeler que « nous ne sommes plus souverains sur la quasi-totalité des filières animales ». Vous partagez son constat ?

Philippe Grégoire : Il dit qu’on a perdu notre souveraineté. C’est un fait, mais on l’a perdue à cause de la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux ; à cause des traités de libre-échange. Il devrait préciser que les multinationales françaises, en lien avec la FNSEA, nous renvoient de la marchandise chez nous. Elles sont allées investir à l’étranger avant de nous renvoyer des produits. Je rappelle que la FNSEA est en lien avec le Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE) et la Cogeca de (Confédération générale des coopératives agricoles), voix unie des agriculteurs et de leurs coopératives dans l'Union européenne.

Tous les projets des multinationales ont été financés par les gouvernements successifs car tous ont été accompagnés par la branche Idia du Crédit Agricole et Bpi France. Ce sont ceux qui disent qu’on a perdu notre souveraineté qui financent des multinationales pour leur installation à l’étranger.


FP : « Les producteurs veulent une reconnaissance de leur fonction, que ce soit dans la défense de la souveraineté, mais aussi dans le stockage du carbone par les prairies, l’ouverture des paysages, la préservation de la biodiversité, etc., a-t-il souligné. On a besoin d’élevage, on a besoin d’éleveurs ». Or la Cour des comptes recommandait au printemps dernier de réduire de manière importante le cheptel français afin de réduire les émissions de CO2...

PG : Le ministre tient un double discours. Il nous encourage mais dans le même temps, dans les bureaux de son ministère, de l’argent est envoyé pour faire...

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