Du régalien au thérapeutique : le Léviathan de velours
Chacun a suivi, éberlué, les heurts dans les rues parisiennes début juin 2026, après la victoire du PSG en Ligue des champions, puis l’insupportable saga « Hamza la Douane » au canal Saint-Martin. Que fait l’État ? Il appelle à s’hydrater, pendant la canicule…
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Schizophrénie (subst. fém.) : comportement marqué par des contradictions profondes, irrationnelles et inconciliables.
Exemple : l’État français qui déploie une énergie folle à régenter nos vies, mais brille par son absence lorsqu’il s’agit de les protéger. Comment en est-on arrivé là ? Voici quelques éléments de réponse.
De l'État-tuteur à l'État-toutou
Nous assistons, médusés, à la mutation d’un État jadis protecteur et garant de la loi en une gigantesque nurserie. Rétrospectivement, l’élection de François Mitterrand en 1981 marque une rupture. Elle entraîne un changement radical de philosophie et l’abrogation immédiate des lois répressives précédentes. L’État adopte pour principe que le délinquant, lui-même victime des inégalités sociales, doit être entendu et réinséré. La justice délaisse ainsi la sanction systématique pour accentuer la quête de circonstances atténuantes. La sécurité individuelle n’est dès lors plus perçue comme gage de liberté, mais comme l’alibi répressif de la société bourgeoise. Or cette compassion sociologique s’accompagne d’une capitulation régalienne. En faisant de tout prédateur une victime ordinaire de la société impersonnelle, l’État se déclare irresponsable et n’a plus à sanctionner. Au fil des décennies, la délinquance, le crime et le terrorisme s’enracineront d’autant mieux que la société française doit elle-même s’en faire le reproche. La prédation ? Conséquence néfaste de sa propre intolérance.
Le résultat est sans appel, en particulier dans nos métropoles. À Marseille, la République a cédé le contrôle de quartiers entiers à des gangs dont l’organisation et la puissance de feu rivalisent avec celles d’armées régulières. Le gouvernement aimerait certes leur « faire la guerre », mais une guerre sans morts, typique de son impuissance et de ses effets de manche. Le narcotrafic y impose donc sa loi, ses couvre-feux et ses exécutions sommaires. À Paris, il suffit d’un match du PSG pour que des avenues entières soient livrées au saccage dans une impunité à laquelle finissent par se résigner les...
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