cultureLiberté humaine

La notion de libre arbitre chez le Baron d'Holbach

28/03/2021

OPINION. En faisant la généalogie de cette notion, le philosophe du XVIIIe siècle Paul Thiry d’Holbach nous livre une réflexion passionnante sur la liberté humaine, façonnée par les religions et l’histoire humaine.

La notion de libre arbitre chez le Baron d'Holbach

Lorsque l’on souhaite parler du libre arbitre, comme de tout sujet, il est nécessaire de poser la question des origines et de la définition de la notion que nous nous proposons d’étudier. En ce sens, d’Holbach propose une caractérisation très classique du concept de libre arbitre en considérant qu’il renvoie directement au fait pour nous de pouvoir choisir indépendamment des circonstances. Ainsi, comme nous pouvons le lire dans Le Système de la nature : « Malgré les entraves continuelles qui nous lient, on prétend que nous sommes libres, ou que nous déterminons nos actions et notre sort indépendamment des causes qui nous remuent. ». Dans la perspective de d’Holbach, il faut donc comprendre le libre arbitre comme la liberté d’agir selon notre volition.

D’Holbach reprend donc ici la définition communément admise par le judaïsme, le christianisme et l’islam. Cette manière de définir la liberté en s’appuyant sur la théorie produite par les religions révélées permet à d’Holbach de dresser la généalogie de la notion de libre arbitre, c’est-à-dire d’interroger ses fondements. En effet, pour lui, le fait d’avoir mis l’accent sur la totale liberté de choix chez l’homme n’est pas anodin et renvoie directement à la nécessité pour la religion et pour les dignitaires religieux d’étendre le plus possible le sentiment de culpabilité chez les croyants dans le but d’entretenir une emprise ferme et permanente sur les esprits et les corps afin de garantir la pérennité du pouvoir des Églises. Dans une analyse aux accents pré-nietzschéens, d’Holbach insiste en montrant que la notion de « péché », symbole de la possibilité pour l’homme de choisir volontairement le mal, a été introduite pour justifier les maux qui accablent les hommes alors même que le christianisme défend l’idée d’un Dieu universellement bon.

Nous pouvons ainsi lire : « D’ailleurs les ministres du...

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