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« Les indésirables » : la prolophobie systémique au microscope

CONTRIBUTION / OPINION / CRITIQUE. Dans Les indésirables (éd. Fayard), Diane de Bourguesdon s'attaque au deux poids deux mesures médiatique, judiciaire, politique qui existerait au détriment des Français ordinaires. Une « prolophobie » méprisante qui fait système ?

prolophobie
© Fayard


« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » Si Jean de La Fontaine était parmi nous, il adapterait très certainement sa maxime qui conclut sa célèbre fable Les animaux malades de la peste en remplaçant les critères socioéconomiques de la société de classe par les critères racialistes issus du wokisme.

C’est le constat que dresse, non sans un mélange d’amertume et de colère, Diane de Bourguesdon dans son essai coup de poing Les indésirables. Sous sa plume, trempée dans l’encre rouge d’une légitime indignation, les exemples s’accumulent attestant de l’inégalité de traitement du régalien, laxiste avec les coupables seulement s’ils sont issus de la diversité mais intraitable avec les « français de souche ».

Diane de Bourguesdon ouvre son essai sur un contraste saisissant entre Mohammed L., l’assassin d’Alban Gervaise, ce médecin militaire poignardé à mort devant l’école de ses enfants à Marseille, qui a été reconnu irresponsable pénalement alors qu’aucun trouble mental n’avait été décelé au préalable et Lionel M., condamné à un an de prison ferme pour avoir brûlé un Coran devant une mosquée, et qui avait été diagnostiqué schizophrène bien avant les faits. Lionel M, lui, n’a pas été reconnu irresponsable par la justice. Et s’il avait fumé du cannabis comme le meurtrier de Sarah Halimi avant de la défenestrer, cela aura-t-il changé la décision de justice ? Pas franchement. Lionel M n’a tout simplement pas le bon profil pour avoir ce traitement de faveur. Il coche les cases : « homme », « blanc », « chrétien », qui selon le prisme woke, le range parmi les « bons coupables », ceux sur lesquels la justice doit être d’une sévérité exemplaire.

Quant aux coupables non blancs, les magistrats usent et abusent du sursis, des peines alternatives, des travaux d’intérêt général (TIG) et sortent comme « carte joker » l’irresponsabilité...

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