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Transition énergétique industrielle : quand les constructeurs automobiles ne respectent pas leurs engagements

ARTICLE. Après Northvolt, Symbio, le français Verkor pourrait être la prochaine victime d’un constructeur automobile peu soucieux d’honorer ses engagements. La souveraineté industrielle du pays en dépend pourtant.

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Mourad ALLILI/SIPA


Si l’avenir est à l’automobile électrique — les innovations technologiques récentes, ainsi que la guerre au Moyen-Orient semblent pousser en ce sens — il faudra que l’Europe puisse lutter face aux Américains et aux Chinois. Le Vieux Continent accuse un retard préjudiciable dans la maîtrise et la production de batteries électriques, ce qui a poussé l’Union européenne et certains États à investir dans des entreprises innovantes, souvent pompeusement résumées au statut de « gigafactories ». C’est le cas de la société grenobloise Verkor qui a inauguré en grande pompe son usine de batteries à Bourbourg, près de Dunkerque, le 11 décembre 2025.

Avec ce site industriel, la start-up envisage de produire 16 GWh (gigawattheures) de cellules lithium-ion par an et d’employer jusqu’à 1 200 personnes. À terme, les ambitions sont de produire jusqu’à 70 GWh par an en 2035, de quoi équiper 300 000 véhicules. Autant dire que sur le papier, le projet poussé par le programme France 2030 a de quoi rassurer ceux qui s’inquiètent d’une mainmise technologique de la Chine sur la transition énergétique. Mais ce dossier présente une faiblesse : il dépend du bon vouloir d’un constructeur, Renault en l’occurrence.

Le constructeur automobile français, actionnaire à 20 % de Vektor, est aussi le pilier sur lequel s’appuie le futur de la start-up. Un contrat les lie, qui stipule que Renault se portera acquéreur de 12 GWh de batteries par an. Ces batteries doivent équiper la future version de l’Alpine A390. Mais d’après les informations de Marianne, la gigafactory accuse un retard de production qui reporte à novembre 2026 la production en série de ses batteries. Autre problème de taille, la batterie NMC de Verkor coûterait entre 30 et 40 % de plus que celles de ses concurrents asiatiques. Renault préfère donc attendre des gains de productivité significatifs pour honorer...

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