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Misère de la Marne

18/09/2020

Il faudrait parler de la misère de la Marne comme Camus parlait de celle de la Kabylie, terre arriérée des arriérés d’Algérie et que tous méprisaient en minimisant leur détresse, alors que certains s’imaginent que la Champagne est un pays mondain et florissant parce qu’on y produit le nectar de Dom Pérignon.

Misère de la Marne

Pascal Jan, un chercheur en droit  constitutionnel, avait écrit une tribune parue  dans Libération en 2013. Voici ce qu’il y dit : « Changer de Constitution, pourquoi ? Substituer une  Constitution à une autre dans une démocratie obéit toujours à une faillite d’un système constitutionnel  réduit à l’impuissance décisionnelle, à l’instabilité  gouvernementale, voire une crise de légitimité des  pouvoirs, aux multiples contours. Rien de tel en  2013. » La tribune date de la période calme et  tranquille des premières années Hollande. Ni Mohamed Merah, ni les frères Kouachi, ni les attentats  contre Charlie Hebdo, ni du Bataclan, n’étaient  encore entrés dans l’histoire. La France ne se  préoccupait pas alors de tout ce qui permettrait  à ces tragédies de se réaliser, mais de penser l’homosexualité du mariage civil.  L’extravagance de Frigide Barjot, l’hystérie de  Christine Boutin, face à la calme certitude de  Taubira laissaient croire le socialisme de  gouvernement encore capable de quelque  grandeur. Tout cela, c’était avant l’ignoble  parjure de Valls, avant les lois El-Khomri,  avant Vallaud-Belkacem et la destruction du  collège, avant le suicide de Hollande, avant  l’humiliation de Sarkozy, l’agonie de Juppé,  avant la chute si héroïcomique de Fillon, avant  l’élection de Macron, avant les Gilets-Jaunes,  l’épidémie mondiale, le tombereau et la  claquemure, avant l’égorgement du  baccalauréat et la mort de l’instruction, avant  les conséquences, avant le gouffre, avant le  temps confiné et éclaté en volcans de masques  jetables retombés sur la terre. Aux conditions  nécessaires du changement de Constitution  imposées par Pascal Jan, qui peut dire encore  aujourd’hui sans douter : Rien de tel en 2020 ?

La rentrée scolaire est à peine passée, et  déjà l’on referme des écoles, déjà l’on se re barricade dans les maisons. Moi qui vis dans le  bordelais, une ancienne camarade de  promotion, que j’aime comme une sœur, et qui  enseigne...

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