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Le renouveau de l’industrie française : la réalité derrière les fantasmes

ARTICLE. Les Français aiment l’industrie. Ils la plébiscitent, même. Surtout depuis qu'elle n'est plus pour beaucoup qu'un lointain souvenir. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils se ruent pour y travailler. Le renouveau de l’industrie reste pour le moment bien plus fragile que ne le prétend le gouvernement.

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L’Industrie française renaît enfin de ses cendres ! Enfin c'est ce que nous dit la Macronie, depuis qu'elle a pris conscience (bien trop tard) de la fragilité du pays et de sa dépendance à la mondialisation – rarement heureuse – lors de la crise du Covid en 2020. Mais qu’en est-il vraiment ? La France connait-elle le rebond spectaculaire que nous vendent Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, ou Bruno Le Maire, ministre de l’Économie ? Les Français se ruent-ils dans les usines ? Le premier baromètre de l'association « Renaissance Industrielle », intitulé « l’industrie en mouvement » et publié le 30 novembre, tente de répondre à ces questions. Verdict dans les grandes lignes : des résultats prometteurs mais qui restent largement insuffisants pour crier victoire.

De 20,1% du PIB en 1970, la part de l'industrie française a décliné jusqu’à atteindre seulement 9 % du PIB en 2021. Remontée timide, elle est à peine à 9,5% en 2022, note l’association (reconnue "d'utilité publique", soutenue par la Banque des territoire, le ministère de la Transition énergétique ou encore par la Banque publique d’investissement. Preuve que si rebond il y a, il reste encore assez faible et fragile. En parallèle de cette chute, l’emploi industriel a fondu, faisant s’évaporer au gré des faillites et des délocalisations près de trois millions d’emplois dans ce secteur en cinquante ans.


Un sursaut à relativiser


Depuis deux ans, il y a donc un réveil du secteur. Le nombre de créations d’industrie a nettement augmenté, passant de 126 en 2019 et 2020, à 183 et 151 respectivement en 2021 et 2022. Mais il n'y a pas de quoi pavoiser pour autant : c’est à peine mieux qu'en 2012 (175) et 2014 (128). En revanche, le nombre de fermetures d'usines a largement diminué. Elles s’élevaient à 268 en 2012 ou 121 en 2020....

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