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Note de Fitch : « la macronie est davantage à la botte de l'UE que des marchés financiers »

ENTRETIEN. Vendredi dernier, l'agence de notation Fitch Ratings a baissé la note de la France de AA à AA-, et ce malgré le passage en force de la réforme des retraites. La faute aux manifestants, comme le clament les macronistes ? Pas vraiment, explique Charles-Henri Gallois, président de Génération Frexit, qui pointe surtout la gabegie d'argent public par le gouvernement d'Emmanuel Macron.

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Front Populaire : L'agence de notation Fitch Ratings a baissé la note de la France de AA à AA-. Quelles conséquences pour la France à court et moyen terme ?

Charles-Henri Gallois : La conséquence à court terme n'est pas énorme, si ce n'est que cela montre la dégradation des finances publiques en lien avec l'augmentation absolument faramineuse de la dette publique française depuis qu'Emmanuel Macron est président : plus de 600 milliards d’euros supplémentaires à l’issue de son premier quinquennat. Personne n'avait fait autant.

En revanche, à moyen terme, cette notation va avoir tendance à conduire les investisseurs à demander des taux d'intérêt supérieurs. Cela signifie qu’on risque mécaniquement d’avoir une charge de la dette pour la France en augmentation. Ce qui, au bout du compte, finira par peser sur les finances publiques.


FP : La France a perdu son triple A il y a dix ans. Cela avait-il pour autant changé quelque chose sur notre capacité d'emprunt ?

CHG : Théoriquement, et dans un monde normal, c’est-à-dire dans un monde où les taux d'intérêt réels sont positifs, cela aurait dû avoir un impact. Les taux d'intérêts payés par la France auraient dû augmenter.

Ce qui n’est pratiquement pas advenu, pour la simple et bonne raison que depuis la crise de l'euro, en particulier depuis 2015, la Banque centrale européenne (BCE) a sorti le bazooka monétaire. Ils ont fait ce qu'on appelle du quantitative easing — en français, un assouplissement quantitatif —, de telle sorte que les banques centrales nationales, sous les directives de la BCE, ont acheté massivement de la dette publique d'État — actuellement, 20% environ de cette dette est détenue par la Banque centrale.

Or, lorsque la BCE achète des obligations d’État, cela fait mécaniquement augmenter le prix de cette obligation d'État et fait baisser le taux d'intérêt. Nous avions un taux d'intérêt en quelque sorte fictif, à un niveau très bas, ce qui a limité l’impact de la perte de notre AAA. Mais, je le répète, ce n’est pas un système financier normal.


FP : La réforme des retraites devait calmer les agences et les marchés. Pourtant, en plus de la note de Fitch, celle de Standard & Poor's pourrait aussi être dégradée prochainement. Pourquoi ?

CHG : Contrairement à ce qui a été dit par les macronistes, dont le soi-disant économiste Nicolas Bouzou, ce n’est pas la CGT qui...

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