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Une concurrence libre et non faussée dans le ferroviaire est-elle possible ?

CONTRIBUTION / OPINION. Le rail français a été coulé au forceps dans le moule européen de la « concurrence libre et non faussée ». Un chemin déjà arpenté ailleurs en Europe, avec des conséquences souvent funestes. Allons-nous reproduire les mêmes erreurs que nos voisins ?

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© Sabrina Dolidze/SIPA


« Une concurrence libre et non faussée ». C’est là l’une des pierres angulaires au fondement de l’Europe. Ce principe, origine d’un libéralisme décomplexé, s’installe dans nos vies, jour après jour. S’agissant du domaine ferroviaire et en particulier celui du transport des voyageurs, ouvert à la concurrence en France depuis 2020, après les moments d’extase habituels nous voici déjà arrivés « au ras du ballast ». D’aucuns diront  : revenus sur terre !

Quel que soit le domaine économique à partager, telles les parts d’un gâteau – si tant est que le terme soit approprié – plus il y a de parts à attribuer, plus les parts seront petites. En France comme ailleurs, sauf à raisonner en ne prenant en compte que ses points très positifs en terme d’environnement – du reste on aimerait entendre nos amis écologistes un peu plus souvent sur le sujet –, le transport ferroviaire repose sur des infrastructures qu’il faut surveiller comme le lait sur le feu. N’en déplaise aux bisounours, Il est coûteux par construction. Certains arrivent dans un circuit économique en bombant le torse pour ensuite jeter l’éponge. C’est la loi du marché ! Sauf que s’agissant du mode ferroviaire, il faut raison garder avant de s’engager. L’amateurisme n’y a pas sa place et les dégâts peuvent être lourds de conséquences pour tout un pays. Deux exemples proches de nous peuvent à ce titre aider à la réflexion.

Les chemins de fer allemands, jadis un modèle exemplaire, vivent désormais une situation très difficile . 450 entreprises se partagent le domaine « Voyageurs », essentiellement sur le réseau secondaire - qui est vieillissant, tout comme le réseau principal. Les péages sont jugés trop chers. Transdev a jeté l’éponge. A titre indicatif : en 2024, seulement 62,5% des trains arrivaient à l’heure.

Les chemins de fer anglais, quant à eux, ont été privatisés en 1993....

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